Formation professionnelle : la réforme avance

Muriel Pénicaud, ministre du Travail, vient de présenter les grandes lignes de sa réforme de la formation professionnelle. Le point avec Pierre-Henri Berthezène, consultant spécialisé en formation des adultes et président d’Efficient Ways*.

Coiffure de Paris : Quels changements va apporter cette réforme pour les organismes de formation ?

Pierre-Henri Berthezène : Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, a annoncé que les CFA devraient être certifiés et envisage aussi de demander aux organismes de formation de l’être. On connaît aujourd’hui une cinquantaine d’organismes certificateurs qualité formation (liste accessible sur la page du Cnefop(1). La certification des organismes de formation, quel que soit le délai, semble donc en marche. Cela va vers plus de qualité au niveau de ces organismes et aura d’autant plus d’intérêt que les stagiaires pourront choisir où ils iront se former, avec leur Compte Personnel de Formation (CPF).

 

Le Compte Personnel de Formation, de quoi s’agit-il ?

P.-H. B. : Il a remplacé le DIF [droit individuel à la formation] et permet à chaque salarié de posséder un capital personnel pour se former tout au long de la vie. Jusqu’alors exprimé en heures, il le sera en euros désormais, avec l’acquisition de 500 € chaque année, à concurrence de 5 000 € sur dix ans. Pour accompagner le salarié, un Conseil en Evolution Professionnelle (CEP) est également prévu.

 

Quels changements va apporter la réforme dans les circuits de financement de la formation professionnelle ?

P.-H. B. : Jusqu’à présent, en coiffure, les fonds de la formation professionnelle étaient collectés par deux OPCA [organismes paritaires collecteurs agréés] de branche : Agefos-PME et Fafcea. Agefos-PME a, d’ores et déjà, précisé qu’à partir du 1er juillet prochain, son taux de prise en charge des financements serait différent selon que l’organisme sera certifié ou non. Par ailleurs, dans un futur proche, les fonds seront versés à l’Urssaf [Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales] avec la taxe d’apprentissage, puis à la Caisse des Dépôts et Consignations. La structure de répartition de ces fonds pour financer les stages reste à déterminer. Affaire à suivre, donc.

 

Quelles obligations va entraîner cette réforme pour les employeurs ?

P.H. B. : Elles restent les mêmes et ne sont pas forcément satisfaites ! Par exemple, les employeurs sont tenus de mettre en avant la montée en compétences de leurs collaborateurs, trois jours minimum tous les six ans. Pour ce que j’en sais, à peine 50 % des salons de coiffure suivent des formations. On peut donc s’attendre à des sanctions financières, mais aussi morales de la part des salariés qui iront chez les employeurs qui forment.

 

Quelles obligations va entraîner cette réforme pour les employeurs ?

P.H. B. : Les obligations restent les mêmes et ne sont pas forcément satisfaites ! Par exemple, les employeurs sont tenus de pouvoir mettre en avant la montée en compétences de leurs collaborateurs, trois jours minimum tous les six ans. Pour ce que j’en sais, à peine 50% des salons de coiffure suivent des formations. On peut donc s’attendre là aussi à des sanctions financières, mais aussi morales de la part des salariés qui iront chez les employeurs qui forment. Quand on sait la difficulté à trouver des collaborateurs de qualité, on ne peut que s’interroger sur la vision à moyen-long terme de certains chefs d’entreprise.

Apprentissage : la réforme est lancée !

Faire de l’apprentissage une voie d’excellence et de réussite : telle est l’ambition affichée du gouvernement pour qui cette réforme constitue le deuxième chantier social du quinquennat, après celle du Code du travail. Pour mettre tous les atouts de son côté, le gouvernement a créé des groupes de discussions entre partenaires sociaux, chambres consulaires, représentants des régions et des ministères. Les syndicats de la coiffure, Unec et Cnec, y participent et leurs propositions seront étudiées de près. Nous vous proposons de les découvrir.

LES CONSTATS

 

Constat 1 : Pour de nombreux élèves, l’orientation en coiffure est subie plutôt que choisie.

 

Constat 2 : Un contrat d’apprentissage sur trois est rompu avant son terme, le taux d’abandon dépasse 21 %.

 

Constat 3 : Les maîtres d’apprentissage ne sont pas assez valorisés.

 

Constat 4 : Le public qui se forme aux métiers de la coiffure est de plus en plus varié (reconversion, réorientation, demandeurs d’emploi…).

 

Constat 5 : La rémunération des apprentis, déterminée en fonction de l’âge et de la progression dans la formation, est injuste.

 

Constat 6 : Les jeunes qui sortent d’apprentissage ne sont pas rentables car les clients refusent de se faire coiffer par eux.

 

Constat 7 : Un jeune en contrat de professionnalisation coûte beaucoup plus cher à l’employeur qu’un jeune en apprentissage et le contrat d’apprentissage est trop complexe.

 

Constat 8 : La taxe d’apprentissage ne garantit pas toujours un financement suffisant des CFA.

 

Constat 9 : Trop de coiffeurs qui n’ont pas de salarié se servent des apprentis comme main-d’œuvre bon marché.

 

Constat 10 : Le taux horaire est trop bas en coiffure, les salaires sont souvent plafonnés au Smic et ne font pas rêver les jeunes.

 

LES PROPOSITIONS DES SYNDICATS

 

1

Bernard Stalter : Les régions doivent passer des contrats d’objectif avec les branches professionnelles ; les enseignants doivent tenir compte des aptitudes pratiques et pas seulement académiques des élèves ; il faut communiquer les taux d’insertion dans l’emploi, les débouchés et les niveaux de rémunération des titres et diplômes.

Franck Provost : L’Éducation nationale doit connaître nos métiers pour en parler et des chefs d’entreprise doivent venir expliquer notre métier à l’école.

 

2

Bernard Stalter : Créer un sas à l’apprentissage en CFA pour tout public à partir de 15 ans, sans limite d’âge et individualisé en fonction du niveau de diplôme ; ce sas doit confirmer que le futur apprenti a un vrai projet professionnel. 

Franck Provost : Avoir plus de discussions avec les jeunes avant qu’ils n’entament leur apprentissage.

 

3

Bernard Stalter : Attribuer des points de retraite complémentaire aux maîtres d’apprentissage, qu’ils soient indépendants ou salariés.

Franck Provost : Il faut valoriser les maîtres d’apprentissage peut être en leur offrant des formations.

 

4

Bernard Stalter : Fluidifier et individualiser les parcours d’apprentissage pour permettre des entrées et sorties des élèves en cours d’année ; modulariser les formations en fonction du niveau de diplôme de l’apprenti.

Franck Provost : Créer des modules de formation courte adaptés aux personnes en reconversion avec un système d’unité de valeur diplômante.

 

5

Bernard Stalter : Créer un salaire minimum légal de l’apprenti basé sur le niveau de diplôme préparé, quel que soit l’âge.

 

6

Franck Provost : Maintenir les aides accordées au chef d’entreprise pour un apprenti pendant deux ans après la fin de la formation.

 

7

Bernard Stalter : Simplifier les modalités de rupture du contrat d’apprentissage, notamment pour les entreprises en difficultés financières ; assouplir la durée de la formation ; simplifier les dérogations pour les mineurs (travail de nuit, heures supplémentaires) ; créer un statut de l’apprenti mobile.

Franck Provost : Homogénéiser contrats d’apprentissage et d’alternance ; l’apprentissage ne doit pas coûter plus cher, mais une redistribution s’impose.

 

8

Bernard Stalter : Il faut réorienter une partie des fonds vers les CFA.

 

9

Franck Provost :  Demander aux employeurs un engagement sur l’emploi futur de leur apprenti, car on ne peut pas tout demander à l’État.

 

10

Franck Provost : L’État doit s’engager sur les bas salaires.

Comment se former à la coloration

Quel que soit son niveau, la formation est vitale afin de pouvoir se sentir à l’aise face à chacune des demandes clients. Voici un tour d’horizon des principales formation en matière de coloration et décoloration.

Niveau fondamental

 

L’ORÉAL PROFESSIONNEL 

  • Clés de la couleur (découvrir la colorimétrie) : deux jours, 168 € (TTC).
  • Clés des mèches (découvrir le service mèche) : deux jours, 168 € (TTC).
  • Coaching technique (surmonter ses appréhensions) : un jour, offert.

 

SCHWARZKOPF PROFESSIONAL

  • Igora séduction (découvrir les produits de coloration Igora) : un jour, offert.
  • Blonde expert (analyser les gammes blondeur Schwarzkopf) : un jour, 150 € (TTC).
  • Blonde création (découvrir les produits d’éclaircissement Blond Me) : un jour, 150 € (TTC).

 

EUGÈNE PERMA PROFESSIONNEL

  • Colour expert (découvrir la colorimétrie) : un jour, 100 € (HT).
  • Blondeur expert (maîtriser le blond) : un jour, 100 € (HT).

 

WELLA PROFESSIONALS

  • Atelier découverte coloration : un jour, 100 € (HT).
  • Atelier découverte décoloration : un jour, 100 € (HT).

 

Niveau avancé

 

L’ORÉAL PROFESSIONNEL 

  • Colour correction (progresser en coloration) : deux jours, 222 € (TTC).
  • Blond studio (personnaliser le blond) : un jour, offert.

 

SCHWARZKOPF PROFESSIONAL

  • Colour expert (aller plus loin dans la coloration) : un jour, 115 € ( TTC).
  • Colour beyond borders (personnalisez vos couleurs) : un jour, 150 € (TTC).

 

EUGÈNE PERMA PROFESSIONNEL

  • Summer look (nouvelles tendances) : un jour, 125 € (HT).

 

WELLA PROFESSIONALS

  • Blonde aventure (devenir un expert du blond) : un jour, 100 € (HT).
  • Atelier techniques de mèches (découvrir toutes les facettes des mèches) : un jour, 100 € (HT).

 

Niveau expert 

 

L’ORÉAL PROFESSIONNEL 

  • Morpho contouring (placement de la couleur selon la morphologie) : deux jours, 600 € (TTC).
  • Master mèches (l’excellence du service éclaircissant) : deux jours, 222 € (TTC).

 

SCHWARZKOPF PROFESSIONAL

  • Colour master academy (maîtriser l’univers de la coloration par Igora) : dix jours, 2 590 € (TTC).
  • Blonde master academy (maîtriser l’univers de la coloration par Igora) : quatre jours, 1 000 € (TTC).

 

EUGÈNE PERMA PROFESSIONNEL

  • So blond (maîtriser les transformations extrêmes) : un jour, 325 € (HT).

 

WELLA PROFESSIONALS

  • Hair contouring (le hair contouring par Wella ) : un jour, 175 € (HT).
  • Programme maître coloriste : trois sessions de trois jours, 1 575 € (HT).

 

 

 

 

 

 

 

Contact

 

L’ORÉAL PROFESSIONNEL 

Inscription sur le site Internet : http://lorealprofessionneletmoi.fr/stages/calendrier.htm

 

SCHWARZKOPF PROFESSIONAL

Lyon : 04 72 75 01 78.

Paris : 01 40 26 54 30.

Toulouse : 05 34 30 11 06.

 

EUGÈNE PERMA PROFESSIONNEL

Inscription sur le site Internet : http://fr.eugeneperma-professionnel.com/pro/ep-academie

 

WELLA PROFESSIONALS

Contactez le service client pour qu’il vous mette en contact avec votre responsable des ventes de votre secteur : 03 86 95 74 89.

 

 

Lieux de stage 

 

L’ORÉAL PROFESSIONNEL

Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nantes, Paris, Strasbourg et Toulouse.

 

SCHWARZKOPF PROFESSIONAL

Lyon, Paris et Toulouse.

 

EUGÈNE PERMA PROFESSIONNEL

Aix-en-Provence, Bordeaux, Bourgoin-Jallieu, Clermont-Ferrand, Lille, Lyon, Metz, Mulhouse, Nantes, Paris, Saint-Denis et Saint-Étienne.

 

WELLA PROFESSIONALS

Aix-en-Provence, Bordeaux, Lyon, Paris et Toulouse.

Les formations nail et maquillage ont la cote

Les marques de maquillage ont créé une large variété de formations pour permettre à vos employés de devenir des pros dans ce domaine. Un atout de plus pour votre salon, car nombreuses sont les clientes qui souhaitent désormais allier prestation coiffure et mise en beauté !

MAKE UP FOR EVER

Stage Beauty Basic 1

Une introduction aux techniques de maquillage professionnel, qui alterne théorie et démonstration.

Programme : présentation des produits ; colorimétrie et comment réaliser un teint ; morphologie et correction des yeux, visage, bouche et sourcils ; technique pour dégrader un fard et technique de l’eyeliner.

Durée : cinq jours – Prix : 1 600 €.

Site : academy.makeupforever.com

Stage Beauty Basic 2

Formation destinée aux professionnels pour se perfectionner en validant ses acquis et pour faire l’apprentissage de nouvelles techniques de maquillage.

Programme : révision des études morphologiques et de la colorimétrie ; maquillage peaux matures ; maquillage peaux foncées ; technique du smoky ; maquillage de mariée avec pose de faux cils.

Durée : cinq jours – Prix : 1 600 €.

Site : www.academy.makeupforever.com



O.P.I

Formation Apprentissage

Ce stage s’adresse aux professionnels de l’esthétique qui, tout en pratiquant déjà les soins classiques, souhaitent acquérir de nouvelles compétences.

Programme : la formation concentre l’essentiel des techniques de faux-ongles, en gel ou en résine. Maîtriser en pré-requis la technique de manucurie.

Durée : deux semaines (existe aussi sur une durée de trois, quatre ou six semaines).- Prix : 1 300 €.

Site : www.opi-france.com

 

PEGGY SAGE

Maquillage Professionnel

Ce module permet d’approfondir sa technique, et d’aller plus loin dans la pratique !

Programme : étude morphologique du visage (teint, yeux, sourcils, lèvres) ; notion d’harmonie des couleurs ; étude de la remise en beauté, du maquillage jour, soirée, cocktail, mariée… ; technique de vente des prestations.

Durée : quatre jours/28 heures.

Prix : 590 € (TTC).

Site : www.peggysage.com

Nail Art

Ce stage enseigne l’art et la maîtrise de la réalisation de décorations sur ongles et capsules. Programme : présentation de la technique du nail art en gel ou semi-permanent et peinture ; entraînement sur différents motifs ; pratique des techniques.

Durée : deux jours/quatorze heures.

Prix : 299 € (TTC).

Site : www.peggysage.com

 

ESSIE PRO

Atelier Découverte/Atelier Essie gel

Ce stage se divise en deux ateliers, qui se déroulent sur une journée.

Programme : la matinée est consacrée à la présentation de la marque et ses valeurs, et à la découverte des gammes et protocoles. L’après-midi est axé sur la présentation du service essie.gel avec atelier d’application.

Durée : un jour.

Prix : non communiqué.

Site : www.essie.fr.

Contact : Beauty Tech – Tél. : 01 34 72 97 19.

Les clés de la formation continue

Quelles formations pouvant donner lieu à un remboursement vos salariés peuvent-ils suivre et comment se les faire rembourser ? Autant de questions que vous vous posez sur la formation continue. Éléments de réponse.

QUELLES FORMATIONS POUR SES SALARIÉS ?

Quand les coiffeurs envisagent de la formation continue pour leurs salariés, c’est en général aux formations techniques, c’est-à-dire en lien direct avec la coiffure ou avec des professions connexes (barbier, manucure…) qu’ils pensent. « Les entreprises de coiffure ont tendance à se former uniquement dans leur “zone de confort”, c’est-à-dire le geste technique », constate l’Union nationale des entreprises de coiffure (Unec) dans son livre blanc sur la formation. Mais d’autres formations dites transversales sont ouvertes aux personnels, que ce soit en management, informatique ou en vente, « dans une approche globale du salon de coiffure », explique-t-on chez Agefos PME.

OÙ S’ADRESSER ?

Un établissement ne peut dispenser des formations donnant lieu à remboursement s’il n’a pas obtenu un numéro de déclaration d’activité auprès de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte). Hormis cet agrément, et un bilan pédagogique et financier à fournir chaque année, les prestataires réalisant des actions de formation étaient jusqu’à présent soumis à peu d’obligations. La donne vient de changer. Depuis le début de l’année, les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) doivent désormais intégrer des critères de qualité définis par l’Administration dans leurs catalogues listant les organismes de formation.

COMMENT SE FAIRE REMBOURSER ?

Pour obtenir le remboursement des formations suivies par ses salariés, une demande de prise en charge doit être envoyée à l’Agefos PME qui est actuellement le seul OPCA dans le secteur de la coiffure. La demande doit comprendre : le formulaire de prise en charge, le programme de la formation, la convention de formation et le dernier bulletin de salaire du salarié. À l’issue de la formation, le remboursement ne pourra se faire qu’après avoir fourni une facture établie à l’ordre d’Agefos PME, les feuilles d’émargement prouvant la présence du salarié à la formation, et la copie de la convention de formation ou contrat de prestation de service.

COMBIEN SEREZ-VOUS REMBOURSÉ ?

L’Agefos PME rembourse sur une base de 25 euros (HT) par heure et par stagiaire, en moyenne, pour une durée minimale de sept heures par jour. L’Agefos PME évalue à trois jours le nombre de journées de formation que peut suivre un salarié par an.

L’Unec au chevet de la formation coiffure

Piloté par Christophe Doré, président de la commission dialogue social et emploi à l’Unec, le livre blanc du réseau des coiffeures sur la formation coiffure vient de sortir. Son but : repenser le système de formation avec des propositions. Les explications de Bernard Stalter, président de l’Unec.

Coiffure de Paris : « Aujourd’hui, quatre élèves sur dix en coiffure considèrent que leur orientation a été subie plutôt que choisie. Comment inverser cette tendance ? »

Bernard Stalter : « Nous proposons l’élaboration d’un guide d’accompagnement des entrants dans la profession, la formation d’ambassadeurs de la coiffure présents dans chaque région pour être les relais de l’Unec [Union nationale des entreprises de coiffure] et faire le lien avec les acteurs locaux de l’orientation. Nous allons aussi créer un site internet dédié à l’orientation en coiffure qui détaille tout le panel de compétences nécessaires à l’exercice de cette profession. Enfin, nous allons lancer une campagne d’information à destination du grand public. »

CdP : « Que faire pour que les référentiels et diplômes soient plus proches des réalités des entrepreneurs ? »

B.S : « Ces référentiels doivent évoluer pour correspondre aux besoins des entreprises et aux nouveaux modes de consommation. Nous proposons ainsi en CAP ou en bac pro que le socle de compétences techniques de base soit renforcé. Par ailleurs, un certificat de qualification professionnelle spécialisé dans le soin des cheveux texturisés devrait voir le jour. Enfin, nous soutenons la création du titre de socio coiffure qui répond à de nouveaux besoins en matière d’accompagnement des personnes âgées et/ou malades. »

CdP : «  Le livre blanc a aussi pointé la problématique d’un système de “juryfication” complexe et inadapté qui ne satisfait personne. Doit-il être changé ? »

B.S : « Actuellement, les relations humaines ont une place prépondérante dans la mise en œuvre des jurys d’examens. Résultat : les conditions de validation des compétences ne sont pas identiques sur le territoire et diffèrent également selon les jurys. Nous souhaitons que les grilles de notation soient pilotées au niveau national et donc identiques en toutes circonstances. Nous voulons aussi créer, en partenariat avec l’Éducation nationale et la branche professionnelle, une formation pour définir le rôle du jury, du CET, les droits et obligations lors de l’examen et le déroulement des épreuves. Nous souhaitons aussi développer des passerelles vers les professions connexes comme l’esthétique. »

CdP : « Les coiffeurs se plaignent aujourd’hui de ne pas réussir à recruter d’apprentis et de personnel qualifié. Comment remédier à ce problème majeur ? »

B.S : « Nous proposons de mettre en œuvre des modules d’accompagnement au recrutement qui permettront de sécuriser le choix de l’entreprise, mais aussi l’insertion et la carrière des salariés. Nous aimerions aussi développer un système de parrainage des jeunes entrepreneurs par des chefs d’entreprise aguerris et renforcer le contrôle de la formation continue. Enfin, nous travaillons à la revalorisation de la profession et de son image auprès du grand public pour attirer à nouveau des jeunes !»

Se former pour mieux manager

Les stages Management ont plus que jamais la cote ! Variés et adaptés aux besoins d’aujourd’hui, ils offrent les clés essentielles pour mieux piloter son activité. Voici quelques exemples de formation pour assurer la bonne marche du salon…

Communication et cohésion d’équipe

Animé par Isabelle Arnoux, ce stage proposé par Eugène Perma Professionnel dévoile les clés d’une communication efficace, pour savoir écouter et se faire écouter, réussir à dire ce qui va et ce qui ne va pas, tant sur le fond que sur la forme, pour éviter les conflits. Il  invite aussi à s’interroger sur sa représentation de la communication future souhaitée au sein de l’équipe.

Durée : 1 jour – Prix : 390 (TTC)

 

Renseignements : www.eugeneperma-professionnel.com ou au 01 55 84 60 00

 

Les clés du management

Ce stage de L’Oréal Professionnel est destiné aux managers qui ont pris récemment leurs fonctions et aux futurs managers, mais également à toute personne qui désire apprendre les techniques de management moderne. L’objectif est d’acquérir les techniques permettant de mettre son équipe en condition de réussite, mais aussi d’apprendre à renforcer son autorité en matière d’encadrement.

Durée : 2 jours – Prix : 500 (TTC)

 

Renseignements : www.lorealprofessionneletmoi.fr ou au 01 40 20 25 78

 

Gagner de l’argent dans la coiffure

Se comporter en leader, prendre des décisions et agir, mais aussi développer le potentiel de son équipe pour accroître les performances individuelles et collectives, sont quelques-uns des thèmes abordés par ce stage de E-Plus, qui enseigne aussi au manager comment donner un sentiment d’appartenance à ses collaborateurs.

Durée : 2 jours – Prix : 450 € (HT)

 

Renseignements : www.e-plus.fr ou au 02 43 77 19 18

 

S’exprimer avec assurance pour mieux convaincre

Manager, dynamiser, élever son équipe… Ce stage proposé par Tête d’Affiche permet, entre autres, de gérer son stress lors de toute situation et d’intervenir en pleine confiance. Il enseigne aussi à communiquer oralement avec clarté, persuasion et efficacité. Enfin, il dévoile les clés pour gagner la confiance de son équipe en utilisant des leviers de prise de parole charismatique.

Durée : 2 jours  – Prix : (Partie non prise en charge par Agefos ou Chambre des métiers) : 82,50  (HT)

 

Renseignements : www.tetedaffiche.com ou au 04 94 454 438

Formation sur mesure

Pop Hair Formation intervient en salon pour des trainings auprès de l’ensemble des salariés. Aux propriétaires de choisir la thématique et la durée de la formation. Le training à la carte : une bonne façon de motiver son équipe et de renforcer sa cohésion.

Qu’est-ce qu’un training ?

Il faut une équipe de 4 ou 5 personnes minimum. Les formateurs de Pop Hair qui interviennent se déplacent dans les salons. « Les salariés sont dans un milieu qu’ils connaissent bien et sont plus détendus », affirme Pascale Benoit, fondatrice de Pop Hair Formation. La durée est laissée au choix du propriétaire du salon : une demi-journée, une journée ou une soirée. « Mais, il faut un minimum de 7 heures de formation, pour qu’une prise en charge soit possible par les OPCA », rappelle Pascale Benoit. Quatre thématiques sont proposées : la coiffure événementielle, les chignons, les coupes femme et une plus orientée business : « Comment dynamiser les ventes ». La responsable préconise de joindre l’utile à l’agréable et de faire de ce rendez-vous un moment ludique et sympathique, en prévoyant par exemple un buffet. Elle suggère également l’intervention d’un photographe pour prendre des clichés de l’équipe en action, voire celle d’un vidéaste. Les photos et vidéos pouvant servir de supports de communication par la suite. À l’issue du training, les participants se verront remettre un support écrit incluant des visuels résumant tout ce qui a été vu durant le training.

Quand organiser un training ?

Pascale Benoit a identifié quatre périodes propices : avant ou après les fêtes de fin d’année, pour remercier ses salariés du travail accompli ; au printemps, pour développer de nouvelles prestations, les coiffures de mariées par exemple ; en septembre, pour redynamiser l’équipe après les vacances.

Combien coûte un training ?

Le training à la carte s’élève à 35 € (TTC) par heure et par participant. Aucun frais de déplacement n’est facturé dans la région lyonnaise. à cela peuvent s’ajouter des frais de traiteur, photographe, vidéaste. Dans ces cas-là, un devis est établi. Comptez 150 € de l’heure pour le photographe et 400 € pour le vidéaste.

Mysalon-Edu : plateforme de e-learning internationale

Avec Mysalon-Edu, L’Oréal Produits Professionnels et CroosKnowledge, spécialisé dans les solutions de formations à distance, proposent une plateforme de e-learning gratuite aux coiffeurs et professionnels de la beauté du monde entier. Le portail héberge plus de 3 000 ressources multimédias à travers une dizaine de rubriques, dont les plus consultées sont news, services et techniques, sélection de la semaine, développement personnel, salon et spa design. Les contenus, composés de quizz, vidéos, tutoriels, interviews de professionnels…, sont enrichis chaque semaine non seulement par L’Oréal et CrossKnowledge, mais aussi par les membres inscrits sur la plateforme. Ils sont principalement rédigés en français, anglais et espagnol, mais le portail est disponible en 17 langues.

Macron va-t-il avoir la peau du brevet pro ?

Le ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique n’en démord pas. Il veut supprimer l’obligation d’être diplômé du Brevet professionnel (BP) pour ouvrir un salon de coiffure. Une mesure très contestée dans la profession, voire une provocation qui pourrait, toutefois, déboucher enfin sur une réorientation du contenu du BP. « Coiffure de Paris » a interrogé Emmanuel Macron sur ses motivations, mais aussi les professionnels du secteur et même un banquier.

Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique


L’AVIS DE L’INDÉPENDANT

Alain De Tréguier, fondateur du salon du même nom :

« Un CAP, c’est deux ans de métier, pendant lesquels on apprend les bases rudimentaires de la profession. Quand un gamin arrive avec un CAP en poche, je lui demande ce qu’il vient faire, car il ne connaît rien au métier. De plus, on n’enseigne aucune base entrepreneuriale en CAP. On ne confie pas une cliente à quelqu’un qui n’a que deux ans de métier ! Cette mesure risque d’augmenter le nombre de faillites. Toutefois, je serais très surpris sur les banques acceptent de prêter de l’argent à un coiffeur aussi peu expérimenté ! »

L’AVIS DU SYNDICAT

Franck Provost, président du CNEC :

« Le BP assure une qualification reconnue des futurs professionnels de la coiffure, permet de valoriser un métier et amène une fierté d’appartenance à une profession[…]. Le conserver permet la garantie de la sécurité et de la santé des consommateurs. L’utilisation de certains produits par les professionnels de la coiffure nécessite d’en avoir une parfaite connaissance […]. Donc, le CNEC ne souhaite pas la suppression du BP, mais plutôt une réorientation et un enrichissement de celui-ci. L’obtention du BP ou d’un diplôme équivalent doit être une nécessité imposée pour toute forme d’exploitation, que ce soit en salon de coiffure, en tant qu’autoentrepreneur ou dans la coiffure à domicile. »

L’AVIS DU FRANCHISEUR

Franck François, fondateur du groupe Vog :

« Supprimer ce diplôme, en espérant qu’il va s’ouvrir plus de salons, est une erreur. Le ministre ferait mieux de lever les freins financiers à la création d’entreprise qui existent actuellement ! La profession doit être formée, c’est primordial. Et tous les coiffeurs ne sont pas faits pour être des managers. La suppression du BP va faire grimper le nombre de coiffeurs à domicile et l’incompétence de tous ceux qui, déjà, ne savent pas travailler. La qualité des prestations va se détériorer avec, notamment, l’utilisation de plus en plus répandue de produits de mauvaise qualité. Cette mesure dénote une véritable méconnaissance du métier. »


L’AVIS DU BANQUIER

Florent Lamoureux, directeur du marché professionnel de Banque Populaire Caisses d’épargne (BPCE) :

« Quand nous finançons un projet, nous voulons connaître les qualités intrinsèques du porteur du projet, car c’est sur lui que va reposer la pérennité ou l’échec de l’entreprise. Donc, s’il n’a pas d’expérience, c’est plus compliqué ! Dans la franchise, la problématique est un peu différente : si le franchisé n’est pas un spécialiste du secteur, il doit être un gestionnaire, un chef d’équipe, un gestionnaire de stock et savoir s’entourer de la bonne compétence… Par ailleurs, l’apport personnel doit être conséquent – 30 à 40 % de l’investissement – pour éviter de trop gros remboursements mensuels. »

L’AVIS DU SYNDICAT

Bernard Stalter, président de l’UNEC :

« On ne peut pas ubériser la profession de la sorte ! Cette déréglementation va nous apporter quoi ? De plus en plus de salons qui n’ont pas de salarié ? Le ministre pense-t-il que l’on peut diriger une entreprise sans formation en ressources humaines, gestion, marketing ? Par ailleurs, nous manipulons des produits dangereux. Enfin, cette idée va à l’encontre de la promotion de l’apprentissage. Il faut réfléchir aux référentiels demandés pour le CAP, qui est devenu un examen d’insertion. Le ministre doit nous entendre et nous recevoir, car il y a d’autres moyens de faire baisser le chômage et notre action veut s’inscrire pour un temps plus long que les échéances politiques. »


L’AVIS DU GLOBE-TROTTER

Raphaël Perrier, créateur de la méthode d’apprentissage PI et coiffeur :

« Cette idée est scandaleuse, quand on connaît le niveau des élèves qui sortent du CAP : en tant que patron, je n’arrive pas à trouver de bons collaborateurs. Supprimer le BP, c’est tirer la profession vers le bas. Il y a des salons partout en France, mais nombreux sont ceux qui ferment parce que leur dirigeant n’a pas suivi de formation. Par ailleurs, nous manipulons des produits dangereux en coloration. Je voyage en Chine, au Brésil,
au Mexique… Des pays où il n’y a même pas de CAP et où les gens payent des fortunes pour se former. S’il veut développer l’emploi, le ministre ferait mieux d’abaisser les charges sur les entreprises. »

L’AVIS DE L’ÉCOLE

Catherine Glémain, directrice de l’ISEC Paris :

« CAP et BP sont deux niveaux d’étude différents. Un élève de CAP doit pouvoir réaliser d’après un diagnostic fait par un coiffeur plus confirmé. Il n’est pas autonome dans la gestion d’une clientèle, n’a jamais fait d’économie, ni de gestion. C’est un exécutant. La réflexion, c’est en BP qu’un coiffeur l’acquiert. Libérer les énergies, c’est bien, mais nous voyons tous les limites de l’ubérisation ! Cette mesure, c’est la porte ouverte à des salons avec des coiffeurs ni formés, ni professionnels. Quel est l’intérêt de développer des salons low-cost, alors qu’il y a déjà trop de salons en France ? Le CAP, suivi du BP, cela fonctionne bien, et crée de l’insertion. Il faut, peut-être, revoir le contenu du BP, mais son utilité, sûrement pas ! »