Devenez expert en coloration éphémère !

Reflet léger ou intense, flashy ou pastel, la coloration éphémère, qui s’applique sur cheveux naturels et cheveux colorés, s’estompe en quelques shampoings sans effet de racine. Un produit simple, mais qui nécessite le respect de quelques règles pour une application réussie.

Historique et diagnostic

Comme pour toute prestation, l’étape du diagnostic est incontournable et nécessite notamment d’analyser le passé technique de la cliente. « La coloration éphémère rencontre un vrai succès auprès des 15-35 ans, explique Marine Sniegula, cogérante du salon M Coiffure, à Nantes (44), et coloriste ambassadrice Eugène Perma. Or, rares sont les clientes de cet âge qui présentent une base naturelle. Il est nécessaire de les questionner afin de connaître précisément leur historique. Car la décoloration doit être maîtrisée pour appliquer ensuite la coloration. » Pour Estelle Clergue, Education Manager pour Wella : « L’historique est à prendre en compte, mais la coloration éphémère est la plus facile à proposer. Puisqu’elle est temporaire et qu’elle n’éclaircit pas, elle s’adresse à un large panel de personnes qui veulent obtenir uniquement du reflet. » Un large éventail de couleurs existe en matière de coloration éphémère, le coiffeur doit choisir la nuance, en accord avec la cliente, suivant ses goûts et son type de cheveux.

 

Quel type de coloration pour quels cheveux ?

Que l’on ait une base naturelle ou un cheveu coloré, dont on aimerait changer le reflet, la coloration éphémère s’adapte à de nombreux cas. « Je la recommande aux personnes un peu réticentes au résultat couleur, et à celles qui ont envie d’en changer souvent, précise Estelle Clergue. La coloration éphémère permet d’avoir un reflet sans contrainte d’effet racine. » Elle est aussi de plus en plus demandée par les seniors qui ont les cheveux blancs, ou poivre et sel. En revanche, cette prestation ne s’adapte pas aux personnes qui veulent changer radicalement de couleur, car la coloration éphémère n’éclaircit pas. « Si la personne souhaite un changement notoire de couleur, il est préférable de s’orienter sur une coloration d’oxydation plutôt qu’une coloration temporaire », souligne Marine Sniegula. Par ailleurs, dans le cas où la personne a les cheveux abîmés ou très sensibilisés, c’est le coiffeur qui va déterminer s’il est possible de décolorer ou pas, selon l’état du cheveu, avant application de la coloration éphémère. « Il ne faut pas prendre le risque d’abîmer encore plus les cheveux ou que cela échoue, poursuit Marine Sniegula. Je propose à ces clientes de faire chez elles des soins à la kératine pendant un ou deux mois, afin de pouvoir passer le cap de la décoloration. »

 

Passage au bac et application

La prestation débute toujours par un shampoing au bac, fort ou neutre. « Étant donné qu’il n’y a pas d’oxydation dans la coloration éphémère, c’est le shampoing qui va procéder à l’ouverture des écailles, afin que le colorant accroche bien », précise Estelle Clergue. Après avoir bien essoré les cheveux, on réalise l’application de la couleur sur cheveux humides, mèche par mèche. Pour celles qui ont les cheveux colorés, il faut, au préalable, procéder à la décoloration, au moyen d’une poudre ou d’une pâte décolorante. Une fois les cheveux rincés, on peut appliquer la couleur choisie sur le fond de décoloration. Marine Sniegula précise : « La décoloration d’une chevelure peut prendre plusieurs heures, tandis que le temps de pause de la couleur ne dépasse pas 30 minutes. »

 

Pause, rinçage et coupe

Qu’il s’agisse de cheveux naturels ou de cheveux décolorés, le temps de pause de la coloration se situe en moyenne entre 10 et 25 minutes, selon l’intensité du reflet que l’on souhaite obtenir. « Si on laisse pauser la couleur dix minutes, elle disparaîtra au bout d’un à trois shampoings maximum, précise Estelle Clergue. En revanche, si on laisse pauser plus longtemps, de 20 à 30 minutes, on peut espérer que la couleur tienne cinq à dix shampoings. » Ainsi, un temps de pause plus long permet une meilleure accroche et une couleur plus durable. « On peut aussi laisser pauser sous un casque de chaleur afin que le pigment pénètre mieux », ajoute Estelle Clergue. Une fois le temps de pause effectué, on repasse au bac pour un rinçage, sans refaire de shampoing. Côté coupe, la coloration éphémère s’adapte à toutes les longueurs et tous les styles de look !

 

Conseils pour préserver sa couleur

Se garder d’une exposition trop importante au soleil, au chlore ou à l’eau de mer est une précaution à prendre pour préserver sa coloration. « Je déconseille aussi l’utilisation de gel et de laque, précise Marine Sniegula. Enfin, il faut éviter de faire un shampoing tous les jours, et procéder plutôt à un entretien avec des soins à la kératine. » De son côté, Estelle Clergue souligne : « La cliente peut prendre soin de sa couleur avec une gamme appropriée de shampoing, conditioner, masque, mais aussi spray sans rinçage qui permet d’hydrater et de conserver la brillance de sa couleur. » Par ailleurs, il n’y pas de règle quant à la fréquence des visites au salon : la cliente peut revenir faire sa coloration très rapidement après l’avoir fait une première fois, ou bien attendre qu’elle s’estompe complètement pour en refaire une ou en changer. « On est sur un produit facile et sans contrainte, qui permet de faire du résultat à la carte », souligne Estelle Clergue.

Apprenez à maîtriser la frange

Moins facile à réaliser qu’elle n’y paraît, la frange est un exercice parfois périlleux, selon le type de visage et le désir de la cliente.

Le visagisme, essentiel lors du diagnostic

Droite ou de côté, concave ou convexe, symétrique ou asymétrique, profonde, large ou effilée… Il existe une multitude de franges, le tout est de savoir laquelle choisir pour quel type de visage. Diane-Laure Bourdoiseau, gérante du salon Diane Laure, à Saint-Jean-de-Védas (34), explique : « Toutes les franges ne correspondent pas à tous les visages. Un front étroit avec des sourcils très rapprochés de l’implantation capillaire, par exemple, ne se prête pas à la réalisation d’une frange. De même, j’évite d’en proposer à une cliente qui a un épi sur le devant, car elle ne sera pas forcément capable de le contrer et de savoir le coiffer. » Ainsi, le visagisme a une grande importance dans le choix de la frange. « Si le visage est rond, on va éviter d’en faire une arrondie, poursuit Diane-Laure Bourdoiseau. À l’inverse, pour un visage carré, on ne fera pas une frange trop droite, mais plutôt quelque chose d’assez long, d’un peu effilé, pour casser l’effet carré ou rectangulaire du visage. »

Procéder à des essais

Lorsqu’une cliente se décide pour porter une frange, elle opte en faveur d’un changement radical. Il est donc important de procéder à des essais qui lui donneront un bon aperçu du résultat final. « Je commence  progressivement avec une mèche sur le côté et une autre qui retombe un peu sur le front pour montrer ce que ça peut donner, explique Jean-Michel Faretra, gérant du salon Faretra Paris. Ou bien je réalise une queue-de-cheval et je rabats le reste de celle-ci vers l’avant pour faire un effet frange qui permet de se faire une idée. » Des essais indispensables pour les clientes indécises, que recommande également Diane-Laure Bourdoiseau. « Je prends la mèche de devant et je la plie en deux pour faire l’effet d’une frange, précise-t-elle. Mais pour les clientes très hésitantes, je réalise des fausses franges : c’est la grande tendance du moment. Cela consiste à couper à la hauteur du nez et à effiler. La mèche va se placer aussi bien d’un côté du visage que de l’autre, et au milieu. En la coiffant un peu volumineuse ou bombée, ça fait une frange qui va un peu dans le regard. La cliente peut visualiser le résultat. » Et lorsqu’elle est conquise, on passe à la réalisation.



Construction et réalisation

Est-il préférable de réaliser la frange sur cheveux secs ou cheveux mouillés ? Si certains conseillent de dégrossir la frange sur cheveux non lavés et secs, d’autres préfèrent commencer à la travailler après le shampoing, sur cheveux mouillés, pour ensuite parfaire le dessin sur cheveux secs. « Je réalise ma pré-frange sur cheveux mouillés en faisant toujours beaucoup plus long que ce que la cliente souhaite au départ, car je ne sais pas comment va remonter le cheveu. Je retravaille ensuite la frange après le brushing », détaille Diane-Laure Bourdoiseau. De son côté, Jean-Michel Faretra précise : « Dégrossir la frange en découpant le maximum de matière est une étape essentielle. La tendance actuelle n’est pas aux franges fines, mais plutôt à celles-ci qui partent du sommet du crâne ou du plateau supérieur. C’est un atout, car le poids du cheveu va écraser l’implantation pour permettre à la frange de mieux se placer. »

 


Finaliser et affiner la frange

Après la coupe et le brushing, c’est le moment d’affiner la frange et de faire du sur mesure en retravaillant le dessin avec précision. Lors de cette étape, il est important de consulter la cliente pour vérifier si la frange lui convient. Et suivant sa réponse, la moduler avec adresse pour qu’elle corresponde parfaitement à ses attentes. On donnera ainsi à la frange, selon les désirs, son aspect bombé, plat, arrondi ou effilé… « Je réalise une séparation en deux ou trois parties sur le dessus de tête, selon l’épaisseur du cheveu, et je commence par rabattre la première partie, explique Jean-Michel Faretra. Je découpe la longueur, puis je rabats petit à petit les autres parties sur la première partie pour obtenir ma frange finale. » Certaines franges nécessitent un coup de brosse, car le cheveu est un peu souple. D’autres n’ont besoin que d’un coup de séchoir. « Une fois que la frange est sèche, je reprends les ciseaux et je piquette toute ma bordure pour donner un effet plus souple, même si c’est une frange droite », conclut Jean-Michel Faretra. De son côté, Diane-Laure Bourdoiseau souligne : « J’utilise beaucoup les plaques afin d’obtenir des franges un peu plus naturelles et un peu plus gainées, pas trop arrondies. Les plaques s’utilisent surtout avec les cheveux épais pour obtenir une frange assez plate. »





Fixation et conseils

Si on souhaite éviter d’avoir une frange trop plaquée, mieux vaut éviter les produits alcoolisés comme la laque ou le gel. C’est en tout cas l’avis de Diane-Laure Bourdoiseau, qui préconise plutôt l’utilisation du shampoing sec pour bien coiffer les franges. « Si celle-ci frise ou ondule, je recommande à la cliente de sécher sa frange en inclinant le sèche-cheveux vers le bas, sans utiliser de brosse pour éviter de la gonfler. Il est préférable qu’elle coiffe sa frange avec les doigts, et qu’elle applique un peu de sérum sur les pointes. Elle peut aussi passer les plaques chaque matin au réveil… pour un résultat parfait ! »

Cheveux texturés, apprenez à les apprivoiser

Prendre soin des cheveux frisés et ondulés ne s’improvise pas. Il faut même respecter plusieurs règles et principes de base pour que votre cliente ne souffre pas. Apprenez à soigner la matière frisée, car une boucle chouchoutée, c’est une cliente fidélisée !

Ne jamais démêler à sec


L’une des premières règles à respecter afin de ne pas tirer les cheveux, et faire fuir votre cliente, est de ne jamais procéder à un démêlage sur cheveux secs, mais toujours sur cheveux humides. « Il faut commencer par faire un shampoing clarifiant qui s’applique en racine, pour bien débarrasser le cuir chevelu des impuretés, explique Aude Livoreil-Djampou, gérante du salon Studio Ana’e, à Paris. Puis on rince et on applique un shampoing hydratant, plutôt sur les longueurs, en malaxant doucement. » Ainsi, il faut éviter, dès le début de la prestation, tous les gestes qui auront tendance à emmêler. « Un geste qui fait remonter les cheveux sur la tête, suivi d’un massage, va inévitablement emmêler les cheveux, précise Aude Livoreil-Djampou. On va donc travailler sur un geste qui est dans la longueur du cheveu : on part de la racine et on malaxe chaque mèche aux doigts en allant dans le sens de la longueur du cheveu avant de rincer. »

 

Procéder mèche par mèche

Pour éviter le suremmêlage et défaire efficacement, en douceur, tous les nœuds classiques que l’on trouve dans une chevelure frisée ou bouclée, rien de tel que de travailler mèche par mèche. « Là encore, c’est une règle incontournable, précise Aude Livoreil-Djampou. Dès qu’on a de la boucle, il faut procéder par grosse mèche. Ainsi, le soin démêlant ou conditioner va s’appliquer par petites quantités sur chaque mèche. » L’erreur très souvent commise à ce stade, c’est de mettre le soin dans les deux mains et de l’appliquer sur la tête. Mariliyn Biache, gérante du salon MC Team, à Nice (06), souligne : « L’idéal est de séparer la chevelure en six ou sept mèches, et de répartir le soin en petites quantités dans le sens de la longueur. Il est important de bien malaxer la mèche en veillant à ce que le soin pénètre bien la fibre. »

 

Démêler méthodiquement

Lorsque le soin est posé et a pénétré le cheveu, il est temps de démêler, avec un démêloir ou une brosse souple de type Tangle Teezer. Cette fois, il est recommandé de commencer par la pointe. « On prend la mèche, on la tire bien, puis on démêle la petite pointe qui dépasse de la main, précise Aude Livoreil-Djampou. On déplace ensuite sa main peu à peu en remontant tout doucement vers la racine. Si on s’applique en tenant bien la mèche et en travaillant sur des mèches moyennes, la cliente ne va ressentir aucune douleur, car on ne tire pas directement sur les racines. » Cette étape, très délicate, doit permettre d’éliminer en douceur tous les nœuds. « Il est impératif de travailler de la pointe vers la racine pour défaire les nœuds les uns après les autres, poursuit Aude Livoreil-Djampou. Il faut éviter de passer le peigne de la racine vers le bas, car cela aura pour effet de resserrer les nœuds. » Un piège à éviter absolument si on veut que la cliente garde le sourire !

 

Couper et entretenir

Quant à la coupe, elle est toujours à pratiquer sur cheveux secs ! Avant le shampoing et le soin, on réalise la coupe, plus ou moins structurée. « Je conseille d’utiliser un spray démêlant et une brosse plate, précise Marilyn Biache. L’idéal est de couper au doigt avec les ciseaux, en veillant à ne pas écraser la boucle. Et, en fin de prestation, il ne faut pas hésiter à parfaire la coupe en procédant à des petites retouches ! » Il y a parfois des cas extrêmes où l’on se trouve face à des nœuds très difficiles à enlever. Pour Aude Livoreil-Djampou : « Si une personne aux cheveux frisés arrive au salon avec des nœuds, c’est révélateur : cela veut dire qu’elle ne sait pas bien s’occuper de son cheveu. Cela nous oriente sur le type de conseil qu’on peut lui donner ! »

 

Donner des conseils avisés

En raison de leur forme ovoïde, les cheveux frisés sont plus fragiles que les cheveux lisses. Ils sont donc souvent mal hydratés et ont tendance à être sursollicités par la cliente. Pour Aude Livoreil-Djampou : « Si on s’y prend mal, on suremmêle les cheveux. Mais il n’y a pas de fatalité à l’emmêlage, c’est une question de bonnes pratiques ! » Ainsi, vous marquerez des points auprès de votre cliente en lui conseillant de s’attacher les cheveux tous les soirs avant de dormir : faire deux grosses nattes, un bun ou des vanilles (tresses à deux brins), entourer les cheveux d’un foulard… « Cela va positionner les cheveux dans une forme immobile pendant la nuit, ce qui va permettre d’éviter l’emmêlage jusqu’au prochain shampoing », précise Marilyn Biache. Le lendemain, on délie les cheveux et on utilise un spray hydratant pour remouiller, redonner du tonus à la boucle : pas de démêlage, juste une remise en forme. « La bonne nouvelle c’est que lorsqu’une cliente respecte ces règles simples du matin et du soir, qu’elle utilise le bon outil et le bon produit, ça se passe très bien, conclut Aude Livoreil-Djampou. La chevelure frisée n’est pas une masse complexe à gérer, c’est une matière qui a besoin d’être hydratée. Et plus on en prend soin, plus c’est facile : la boucle bien hydratée est magnifique, se prête à des tas de coiffures ! » Une aubaine pour les coiffeurs.

Soyez incollable sur le choix du lissage !

Plusieurs techniques existent sur le marché, l’important est de choisir celle qui sera le mieux adaptée aux cheveux de votre cliente et à ses attentes. Explications…

Analyser le cheveu lors du diagnostic

Lorsque la cliente vient en salon pour un lissage, l’étape du diagnostic est indispensable pour cette prestation. Il faut tout d’abord identifier son type de cheveux : fin, épais, naturel, coloré, méché… « Les cheveux doivent avoir une certaine intégrité et une réelle résistance pour un lissage asiatique, explique Laurence Ghiglion, gérante des salons Lilang, à Nice et Saint-Laurent-du-Var (06). On le refuse catégoriquement si on est face à un cheveu très sensibilisé ou méché. » Ambroise Thomas, directeur général de Fauvert Professionnel, précise : « Le lissage est en revanche parfaitement réalisable sur un cheveu coloré, mais le travail peut varier selon la longueur, le volume et le degré de frisure des cheveux. » À partir de là, et suivant ces paramètres, il faut déterminer le bon type de lissage.



Quel lissage pour quel type de cheveux ?

Il est important tout d’abord de bien distinguer les notions de lissage, défrisage et soin à la kératine. « Le défrisage s’adresse aux cheveux de type afro, maghrébin ou très crépus, et modifie de manière définitive la structure interne du cheveu via une technologie alcaline, explique Ambroise Thomas. Pour les cheveux simplement frisés ou ondulés, on peut proposer un lissage japonais ou coréen, qui est un lissage permanent plus doux. Enfin, pour un cheveu bouclé, on orientera la cliente vers un lissage brésilien, qui est en réalité un soin profond à la kératine : le cheveu ne subit pas de déformation définitive de sa structure interne. C’est ce dernier type de lissage qui est le plus couramment pratiqué. » Depuis l’interdiction du formol dans la composition du lissage brésilien, celui-ci est désormais un lissage 100 % naturel, sans action chimique. « La kératine pure est appliquée directement sur le cheveu, explique Ambroise Thomas. Elle a une parfaite affinité avec la fibre capillaire et comble ses fissures tout en revitalisant le cheveu de l’intérieur. » Laurence Ghiglion ajoute : « Thermoactif, le lissage brésilien s’apparente à un vernis qui va combler les brèches des cheveux abîmés et permettre de faire tenir parfaitement les brushings. » Quant aux lissages asiatiques, ils consistent à casser les ponts disulfures et défaire la morphologie naturelle du cheveu pour lui redonner la forme souhaitée. La neutralisation leur permettra de conserver cette raideur et de rétablir le pH naturel du cheveu.

 

Les étapes de la réalisation

Pour réaliser un lissage brésilien, il faut commencer par un shampoing à pH basique clarifiant qui va ouvrir les écailles du cheveu afin de faire pénétrer le produit. Ensuite, on rince et on essore les cheveux. « Il faut démêler avec un peigne, puis diviser les cheveux en quatre parties pour appliquer le soin au pinceau sur des mèches d’environ 3 cm de large, poursuit Ambroise Thomas. Il est préférable de faire pénétrer le produit en

massant du bout des doigts et en assurant une répartition uni-forme au peigne. S’ensuivent le brushing à l’aide d’un séchoir et d’une brosse ronde en céramique, et le passage des plaques (220 °C à 230 °C) pour lisser les cheveux et sceller la kératine à la fibre capillaire. » Si le lissage brésilien se réalise sans rinçage, les lissages asiatiques en nécessitent deux : après l’application du produit lissant, puis après celle de la crème neutralisante qui fixe le cheveu dans sa forme définitive et rétablit le pH.



Réaliser une coupe appropriée

Lorsque le cheveu est bien raide, on peut procéder à la coupe sur cheveux secs. En général, les clientes qui demandent un lissage ont les cheveux mi-longs à longs. « Avec la kératine, on va sublimer la matière du cheveu, ce qui va faire ressortir les jeux de contraste, souligne Ambroise Thomas. On peut alors accentuer les effets de lumière grâce à un jeu de coupe. » Ainsi, les dégradés ou carrés plongeant longs sont parfaits pour faire ressortir la belle matière du cheveu.



Des conseils avisés

Parmi les actions nécessaires pour préserver le lissage, il y a l’utilisation à la maison d’un shampoing sans sulfates. « C’est indispensable si l’on veut préserver l’action de la kéra-

tine, car les sulfates ont tendance à altérer le cheveu, insiste Laurence Gighlion. Par ailleurs, il est conseillé de faire régulièrement un masque à la kératine pour que l’effet dure plus longtemps. Enfin, je précise à la cliente que, pendant 24 ou 48 heures, elle doit éviter d’aller à la piscine ou de s’attacher les cheveux pour ne pas faire de marque. » En ce qui concerne le lissage brésilien, il faut éviter de le faire trop souvent, car cela risque de rendre le cheveu poisseux. L’idéal est de revenir au salon tous les trois ou quatre mois : plus le cheveu accumule de kératine et plus il va se détendre à chaque nouvelle visite au salon… Pour être de plus en plus beau ! Le lissage asiatique, quant à lui, peut être repris à la racine tous les deux mois, et refait entièrement tous les quatre mois.

Revigorer un cheveu terne et dévitalisé

Redonner tonus et éclat à un cheveu terne nécessite souvent de trouver les bons arguments auprès de sa cliente. Et lorsque celle-ci prend conscience des besoins de ses cheveux, il reste à trouver les bons gestes et les produits adéquats…Pour assurer un excellent résultat !

Diagnostiquer et convaincre

D’une manière générale, il existe beaucoup de facteurs susceptibles de ternir la fibre du cheveu : pollution, radicaux libres, coiffages ou coiffants mal adaptés contribuent à rendre le cheveu moins sain et moins beau. « La cliente n’a pas toujours conscience que son cheveu est dévitalisé, explique Ludovic Borget, gérant du salon O’Studio, à Dreux (28), et ID Artiste pour L’Oréal Professionnel. Elle voit que sa couleur est terne et manque de brillance, mais pense le plus souvent que sa couleur ne lui correspond plus. Elle ne comprend pas que son cheveu est poreux parce qu’il est sensibilisé. Il faut alors lui poser les bonnes questions pour l’amener à une prise de conscience. » Même façon de procéder pour Julien Rey, gérant du Labo Lounge, à Lyon (69), et coach coloriste partenaire d’Eugène Perma Professionnel : « On dialogue autour d’une tablette pour cerner les envies de la cliente : comment elle se perçoit, ce qu’elle désire. Durant cette étape, il faut lui faire comprendre que son cheveu a besoin d’une élimination de tout ce qui vient polluer sa fibre capillaire. » Lorsque le diagnostic est posé, il faut ensuite procéder par étapes.

 

Détox ou clarifiant capillaire

Après avoir cerné les besoins du cheveu pour retrouver son éclat, et convaincu la cliente de l’importance de clarifier sa fibre capillaire, il est temps de passer au bac. « Je commence par laver les cheveux avec un shampoing au vinaigre, destiné à les débarrasser des impuretés afin de les aider à retrouver leur beauté initiale », précise Julien Rey. Avec différents protocoles, plus ou moins poussés suivant l’état du cheveu, l’objectif est de réussir à redonner du tonus au cheveu fatigué. « Il faut réussir à détendre le cuir chevelu, précise Julien Rey. Mais on va aussi travailler sur la fibre capillaire. On peut procéder à des cérémonials de massage, avec des huiles essentielles, destinés à stimuler le cheveu pour qu’il regagne en tonus. » Et s’il regagne en tonus, le cheveu devient plus brillant, plus léger, avec un meilleur maintien. « Purifier le cuir chevelu, rééquilibrer le pH du cheveu sont des étapes incontournables, poursuit Ludovic Borget. Ensuite, on peut procéder à l’application de soins adaptés. » Ainsi, le traitement du cuir chevelu et du cheveu vont de pair.

 

Application de soins

Avant toute application, il est nécessaire de bien essorer le cheveu pour optimiser l’action du masque ou du soin. « On part du principe que la phase d’hydratation redonnera de la brillance de manière générale, explique Julien Rey. Le tout est de déceler les zones sur lesquelles on doit venir travailler le cheveu. » L’application d’un soin concentré en actifs est recommandée, tout comme l’utilisation d’un spray hydratant. « On applique ces sprays après massage sur cheveux mouillés et essorés, sur les demi-longueurs et pointes, afin d’hydrater les cuticules capillaires, ajoute Ludovic Borget. Le cheveu va devenir plus sain et retrouver une meilleure réflexion de brillance. »

 

Élimination des fourches et choix de coupe

Revitaliser le cheveu et lui redonner de l’éclat passe par une élimination aux ciseaux des fourches, zones sensibilisées et pointes sèches. « Il est parfois nécessaire d’enlever beaucoup de longueurs pour redonner une densité », précise Ludovic Borget. Suivant la personnalité de la cliente et le niveau de sensibilité du cheveu, il ne faut pas hésiter à aller plus loin et conseiller sur le style de coupe pour retrouver des cheveux en meilleure forme. « On la met devant le miroir et on lui montre les zones qui présentent des cassures, des ruptures, et où le cheveu paraît plus sain, souligne Julien Rey. Il est parfois nécessaire de couper beaucoup plus que ce qu’elle pensait au départ. Mais, là encore, c’est au coiffeur de convaincre sa cliente pour que sa chevelure retrouve un meilleur aspect. »

 

Conseils d’entretien

De retour chez elle, la cliente doit entretenir ses cheveux pour conserver l’éclat retrouvé en salon. Les conseils du coiffeur vont dépendre de ses habitudes et du temps qu’elle consacre à sa chevelure. Il est donc important de la questionner sur ce point également. Ludovic Borget précise : « Il faut déterminer quelles sont ses priorités dans le quotidien afin de lui faire une proposition adéquate. » Le tout est de bien cerner le profil de sa cliente. « Si la cliente a du temps, on peut proposer des masques avec des temps de pause de vingt minutes, ajoute Julien Rey. À l’inverse, s’il s’agit d’une cliente pressée, je lui propose des soins hydratants de type sprays sans rinçage ou conditionner avec temps de pause réduit. » Enfin, le meilleur conseil à donner à sa cliente, c’est de penser désormais à protéger sa chevelure comme elle protège sa peau : c’est le meilleur moyen de conserver longtemps des cheveux éclatants, lumineux et beaux !

Réalisez sans crainte la coiffure crantée !

Très sophistiquée et ultra-glamour, la coiffure crantée est à l’affiche des fêtes de fin d’année. Il s’agit d’une prestation délicate qui nécessite un vrai savoir-faire et beaucoup de doigté.

Le diagnostic, impératif

Qu’il s’agisse d’un mariage ou d’une soirée chic, la coiffure crantée nécessite d’interroger la cliente de manière précise. « Tout d’abord, je cherche à savoir pour quelle occasion elle souhaite cette coiffure et quels vêtements elle compte porter, explique Sandrine Ruiz, coiffeuse artistique Eugène Perma Professionnel et gérante du salon Hair Studio, à Toulouse (31). La coiffure crantée peut être réalisée aussi bien sur cheveux longs que sur cheveux courts, sur cheveux épais que sur cheveux fins. Seuls les cheveux coiffés en brosse ou afro ne s’y prêtent pas. Il est préférable, également, d’avoir une chevelure pleine car faire des crans sur des cheveux dégradés est compliqué, et le résultat est moins esthétique. » Pour Jérôme Guézou, coiffeur ambassadeur L’Oréal Professionnel et gérant du salon Angel Studio, à Paris, « la coiffure crantée, c’est un look fort, très habillé, élégant et glamour, qui évoque les Années folles. Le style de cran doit être choisi suivant la tenue : si la cliente décide de porter une robe charleston, par exemple, les crans très serrés seront parfaitement adaptés. La coiffure crantée s’accorde aussi très bien avec un bustier ou un smoking, et on peut réaliser des crans sur toute la chevelure, comme sur un seul côté de la tête. Il est possible également de faire un ou plusieurs crans qu’on positionnera pour accessoiriser un chignon par exemple…»





Quels crans pour quel look ?

Il existe plusieurs techniques pour faire des crans. Aussi, le choix de la méthode sera fait suivant le type de cheveux, la tenue vestimentaire et le désir de la cliente. « On peut réaliser des crans à l’eau avec un peigne et du gel, en boucle, avec un fer, ou encore avec une mise en plis, précise Jérôme Guézou. Il peut s’agir d’une mise en plis très serrée, effectuée avec des tout petits rouleaux pour des carrés crantés de style Sonia Rykiel, ou avec de très gros rouleaux pour des crans sur cheveux longs à la Jessica Rabbit. » Et suivant la méthode utilisée, le résultat va varier. « Avec le fer, on obtient un cran un peu plus plat et lâche, un peu plus commercial, souligne Sandrine Ruiz. Avec la mise en plis, le cran sera beaucoup plus travaillé, avec des arêtes plus nerveuses, pour un très beau résultat. Enfin, j’utilise aussi parfois des baguettes chinoises, qui permettent d’obtenir un dessin de cran très esthétique. »





Shampoing et montage

Une fois le diagnostic réalisé et le type de cran choisi, il est temps de passer au bac pour réaliser un shampoing avec soin. « Plus le cheveu est propre et plus il va être malléable, poursuit Jérôme Guézou. En revanche, il est déconseillé d’utiliser une crème après-shampoing qui va alourdir le cheveu. » Lorsque la chevelure est sèche, on peut procéder au montage. Pour Sandrine Ruiz, il est impératif de commencer par la nuque pour aller vers le sommet, et de réaliser en priorité le placement du mouvement, après avoir vérifié avec la cliente si elle préfère une raie au milieu ou sur le côté. « Il faut prendre mèche par mèche et veiller à ce que toutes les mèches soient parfaitement bien enroulées : que ce soit autour d’un fer, d’une baguette, d’un rouleau…L’enroulage se doit d’être parfaitement régulier. » Même souci de perfection pour Jérôme Guézou qui précise : « Je sépare le cuir chevelu par bandes horizontales, puis je boucle des mèches relativement fines. Sur la première bande, je place les boucles à droite, sur la deuxième bande les boucles à gauche, sur la troisième les boucles à droite, etc. J’inverse systématiquement le sens des boucles, puis je les stabilise avec des pinces. Le fait d’avoir interverti chaque bande avec des sens différents va permettre aux crans de se dessiner parfaitement. »





Brossage et fixation

Lorsque le montage est achevé, il est recommandé de passer la brosse en douceur. « Si les crans ne se dessinent pas très bien, on peut éventuellement redessiner les arêtes avec des pinces plates, précise Sandrine Ruiz. Il faut mettre un petit papier de permanente en dessous de la pince pour ne pas faire de marque. Je conseille de laisser pauser cinq à dix minutes pour que ça prenne bien. » Tout produit gras ou huileux est, bien sûr, à bannir pour éviter d’alourdir et de détendre le cheveu. « On peut fixer l’ensemble avec une laque souple de préférence, car une laque strong risque de geler le cheveu, précise Jérôme Guézou. Le cran doit vivre : si on le cartonne trop, il va bien tenir pour la soirée, mais le lendemain il sera rêche et beaucoup moins glamour ! »





Garder son cran

Très élégante, la coiffure crantée est aussi très éphémère. Avec quelques égards, on peut tout de même espérer garder ses crans trois ou quatre jours. « Pour dormir, je prône de placer la chevelure dans un filet, et le lendemain, de brosser doucement ses crans de haut en bas, sans donner de grand coup de brosse ni chercher à créer du volume, précise Jérôme Guézou. On peut se permettre aussi de vaporiser à nouveau un léger voile de laque. » Autre astuce pour préserver la beauté de ses crans : « J’invite mes clientes à dormir sur une taie d’oreiller en soie, conclut Sandrine Ruiz. La soie est l’amie de la coiffure crantée ! »

Apprenez à sublimer le gris !

Avec son livre “Une apparition”, la journaliste Sophie Fontanel a lancé la mode du silver hair. Et les femmes sont aujourd’hui nombreuses à vouloir montrer leurs cheveux gris. Le tout est de savoir bien entretenir cette couleur et d’y adapter une coupe jeune. Explications…

Le diagnostic, incontournable

La première étape concerne bien entendu le diagnostic qui se doit d’être très précis. Pour Jean-Claude Barbotte, responsable formation chez Schwarzkopf Professional : « La première question à se poser est de savoir si je travaille sur un cheveu naturel ou déjà coloré, sur un cheveu naturel gris blanc ou bien naturel gris pigmenté… Et quel est le résultat que l’on souhaite obtenir : l’embellir, l’éclaircir ou le foncer… » De son côté, Delphine Courteille, Hair Stylist chez L’Oréal Professionnel et gérante du salon Studio 34, à Paris (1er), explique : « Il faut aussi observer dans quel état est le cheveu, s’il est sensibilisé et s’il a jauni. Il est nécessaire de questionner sa cliente pour savoir si la personne va à la piscine, si elle fume, si elle habite une grande ville, au soleil, près de la mer ou bien à la montagne, car suivant les régions, le cheveu va réagir différemment. »

 

L’hydratation, indispensable

L’entretien d’un gris commence toujours par le soin. Il est nécessaire et indispensable de bien hydrater les cheveux. « Je conseille d’appliquer une huile longueurs et pointes à base d’huile d’argan, de façon à bien hydrater son gris, précise Delphine Courteille. Par ailleurs, il faut déjaunir, si besoin, avec un shampoing spécial repigmentant. De même, j’invite la cliente (surtout celle qui ne prend pas le temps d’entretenir ses cheveux à la maison), à revenir en salon tous les mois et demi ou deux mois pour réaliser un top coat, c’est-à-dire une patine ou un gloss, qui va s’estomper progressivement, mais qui va permettre de déjaunir le cheveu et d’amplifier la brillance. »

 

Renforcer le gris

Pour la personne qui a arrêté de faire des couleurs, mais qui souhaite peaufiner son gris et lui donner plus de force et d’allure, il existe plusieurs techniques de coloration. Pour Jean-Claude Barbotte : « L’objectif est de sublimer le cheveu sans en transformer la pigmentation naturelle. Chez Schwarzkopf, nous proposons quatre nuances sublimatrices de gris, et on va choisir celle qui sera la mieux adaptée, suivant le pourcentage de cheveux blancs de la cliente. » De son côté, Delphine Courteille souligne : « En fonction des saisons et de la ville où l’on réside, je peux proposer un balayage sur les pointes. Si la personne est plus poivre que sel, je vais éclaircir les pointes de manière à renforcer davantage le gris plutôt que le foncer. Selon moi, il vaut mieux aller vers de l’éclaircissement pour une femme qui a trop de poivre et moins de sel, et faire une sorte de tye and dye. Car réaliser des mèches foncées sur du poivre et sel vieillit souvent très mal, et on se retrouve parfois avec un jaunissement moitié roux queue de vache dans le cheveu, ce qui n’est pas très élégant ! »

 

Quid de la coupe ?

Aujourd’hui, la perception des cheveux gris a beaucoup évolué. Désormais, la femme qui a les cheveux gris peut se permettre de porter les cheveux longs, et ne pas se contenter uniquement de la petite coupe permanentée sur le dessus. « Je propose très souvent le carré un peu long sur l’épaule avec un wavy, précise Delphine Courteille. On est dans la modernisation du cheveu gris. Fini les brushings très “Da-dame” et les coiffures trop classiques : il faut bannir toutes les coiffures un peu bourgeoises, qui peuvent accentuer le côté B.C.B.G. du gris. » Ainsi les coupes rock auraient la cote auprès des femmes qui ont les cheveux gris. Et d’ajouter : « Je peux aussi bien proposer une coupe courte du style Mia Farrow, comme un carré wavy, court ou long, mais on peut opter également pour un dégradé façon “Giselle” si on a une belle masse… » Transposer les coupes jeunes sur les cheveux gris, c’est désormais ainsi qu’il faut penser !

 

Soins à domicile et conseil en image

Le gris doit être entretenu à la maison, c’est indiscutable ! Un shampoing déjaunissant s’impose suivant le jaunissement du cheveu. « Il est important que la cliente utilise à la maison une gamme pour cheveux gris blanc afin de rester dans cet esprit sublimateur et déjaunisseur, explique Jean-Claude Barbotte. Je recommande un shampoing avec pigments violets, mais légers, qui va entretenir le résultat couleur du service sublimateur appliqué en salon ou permettre d’éviter que le cheveu ne jaunisse dans le temps. » Si la personne a tendance à avoir les tempes très jaunes, il est conseillé de renouveler le shampoing une à deux fois par semaine. En revanche, si le cheveu ne jaunit pas trop, elle pourra faire ce shampoing déjaunisseur une fois tous les quinze jours en laissant poser dix à quinze minutes. Un soin après-shampoing très hydratant est aussi fortement conseillé. « Enfin, face à une cliente poivre et sel, le coiffeur doit aller au-delà du conseil capillaire, conclut Delphine Courteille. Il ne faut pas hésiter à lui parler de son maquillage, à lui dire de changer ses boucles d’oreilles ou de revoir le style de ses montures de lunettes. Indiscutablement, le gris demande de la part du coiffeur, encore plus de performance sur le conseil en image ! »

Apprenez à sublimer le gris !

Avec son livre “Une apparition”, la journaliste Sophie Fontanel a lancé la mode du silver hair. Et les femmes sont aujourd’hui nombreuses à vouloir montrer leurs cheveux gris. Le tout est de savoir bien entretenir cette couleur et d’y adapter une coupe jeune. Explications…

Le diagnostic, incontournable

La première étape concerne bien entendu le diagnostic qui se doit d’être très précis. Pour Jean-Claude Barbotte, responsable formation chez Schwarzkopf Professional : « La première question à se poser est de savoir si je travaille sur un cheveu naturel ou déjà coloré, sur un cheveu naturel gris blanc ou bien naturel gris pigmenté… Et quel est le résultat que l’on souhaite obtenir : l’embellir, l’éclaircir ou le foncer… » De son côté, Delphine Courteille, Hair Stylist chez L’Oréal Professionnel et gérante du salon Studio 34, à Paris (1er), explique : « Il faut aussi observer dans quel état est le cheveu, s’il est sensibilisé et s’il a jauniIl est nécessaire de questionner sa cliente pour savoir si la personne va à la piscine, si elle fume, si elle habite une grande ville, au soleil, près de la mer ou bien à la montagne, car suivant les régions, le cheveu va réagir différemment. »

 

L’hydratation, indispensable

L’entretien d’un gris commence toujours par le soin. Il est nécessaire et indispensable de bien hydrater les cheveux. « Je conseille d’appliquer une huile longueurs et pointes à base d’huile d’argan, de façon à bien hydrater son gris, précise Delphine Courteille. Par ailleurs, il faut déjaunir, si besoin, avec un shampoing spécial repigmentant. De même, j’invite la cliente (surtout celle qui ne prend pas le temps d’entretenir ses cheveux à la maison), à revenir en salon tous les mois et demi ou deux mois pour réaliser un top coat, c’est-à-dire une patine ou un gloss, qui va s’estomper progressivement, mais qui va permettre de déjaunir le cheveu et d’amplifier la brillance. »

 

Renforcer le gris

Pour la personne qui a arrêté de faire des couleurs, mais qui souhaite peaufiner son gris et lui donner plus de force et d’allure, il existe plusieurs techniques de coloration. Pour Jean-Claude Barbotte : « L’objectif est de sublimer le cheveu sans en transformer la pigmentation naturelle. Chez Schwarzkopf, nous proposons quatre nuances sublimatrices de gris, et on va choisir celle qui sera la mieux adaptée, suivant le pourcentage de cheveux blancs de la cliente. » De son côté, Delphine Courteille souligne : « En fonction des saisons et de la ville où l’on réside, je peux proposer un balayage sur les pointes. Si la personne est plus poivre que sel, je vais éclaircir les pointes de manière à renforcer davantage le gris plutôt que le foncer. Selon moi, il vaut mieux aller vers de l’éclaircissement pour une femme qui a trop de poivre et moins de sel, et faire une sorte de tye and dye. Car réaliser des mèches foncées sur du poivre et sel vieillit souvent très mal, et on se retrouve parfois avec un jaunissement moitié roux queue de vache dans le cheveu, ce qui n’est pas très élégant ! »

 

Quid de la coupe ?

Aujourd’hui, la perception des cheveux gris a beaucoup évolué. Désormais, la femme qui a les cheveux gris peut se permettre de porter les cheveux longs, et ne pas se contenter uniquement de la petite coupe permanentée sur le dessus. « Je propose très souvent le carré un peu long sur l’épaule avec un wavy, précise Delphine Courteille. On est dans la modernisation du cheveu gris. Fini les brushings très “Da-dame” et les coiffures trop classiques : il faut bannir toutes les coiffures un peu bourgeoises, qui peuvent accentuer le côté B.C.B.G. du gris. » Ainsi les coupes rock auraient la cote auprès des femmes qui ont les cheveux gris. Et d’ajouter : « Je peux aussi bien proposer une coupe courte du style Mia Farrow, comme un carré wavy, court ou long, mais on peut opter également pour un dégradé façon “Giselle” si on a une belle masse… » Transposer les coupes jeunes sur les cheveux gris, c’est désormais ainsi qu’il faut penser !

 

Soins à domicile et conseil en image

Le gris doit être entretenu à la maison, c’est indiscutable ! Un shampoing déjaunissant s’impose suivant le jaunissement du cheveu. « Il est important que la cliente utilise à la maison une gamme pour cheveux gris blanc afin de rester dans cet esprit sublimateur et déjaunisseur, explique Jean-Claude Barbotte. Je recommande un shampoing avec pigments violets, mais légers, qui va entretenir le résultat couleur du service sublimateur appliqué en salon ou permettre d’éviter que le cheveu ne jaunisse dans le temps. » Si la personne a tendance à avoir les tempes très jaunes, il est conseillé de renouveler le shampoing une à deux fois par semaine. En revanche, si le cheveu ne jaunit pas trop, elle pourra faire ce shampoing déjaunisseur une fois tous les quinze jours en laissant poser dix à quinze minutes. Un soin après-shampoing très hydratant est aussi fortement conseillé. « Enfin, face à une cliente poivre et sel, le coiffeur doit aller au-delà du conseil capillaire, conclut Delphine Courteille. Il ne faut pas hésiter à lui parler de son maquillage, à lui dire de changer ses boucles d’oreilles ou de revoir le style de ses montures de lunettes. Indiscutablement, le gris demande de la part du coiffeur, encore plus de performance sur le conseil en image ! »

Réussir un rainbow… très, très beau !

Très en vogue sur les réseaux sociaux, le rainbow suppose une grande technicité, de l’habileté et beaucoup de précision. Une coloration originale qui permet au professionnel de mettre en avant tout son savoir-faire et son talent !

Analyse du cheveu et préparation

La réussite d’un rainbow est soumise à une préparation impeccable de la chevelure. Ainsi, pour assurer aux couleurs du rainbow un superbe éclat, la chevelure doit être très claire, qu’elle soit décolorée ou naturelle. « Il s’agit d’une étape incontournable, souligne Estelle Clergue, formatrice studio Wella Paris. Ainsi, pour une femme qui a les cheveux colorés, c’est plus compliqué, car elle va devoir passer par des étapes de nettoyage, gommage et éclaircissement complet avant de réaliser le rainbow. » Ludovic Geheniaux, ambassadeur coloriste Eugène Perma, confirme : « Plus on a une base naturelle et plus c’est facile. Dans tous les cas, il faut toujours obtenir le fond de décoloration le plus pur pour un beau résultat. Cependant, si les cheveux sont très sensibilisés, je vais fortement déconseiller le rainbow car les colorants directs ne vont pas tenir, même si on passe par une étape de réparation ou cure Olaplex ! »

 

Quel type de rainbow pour quelle cliente ?

Si on s’en tient à sa première définition, le rainbow désigne les sept couleurs de l’arc-en-ciel (rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo et violet), que l’on applique sur la totalité de la chevelure ou uniquement sur le dessous, pour garder un recouvrement naturel. « Par extension, le rainbow désigne aussi une combinaison de trois ou quatre couleurs, précise Estelle Clergue. Côté couleurs froides, on peut réaliser un dégradé de bleu, violet, vert, et parmi les couleurs chaudes, on peut effectuer un dégradé de jaune, rouge ou orange. » Le «  hidden rainbow » ou le rainbow aux couleurs cachées dans la nuque est aussi très prisé. « Les clientes qui demandent un rainbow sont souvent des femmes averties qui savent ce qu’elles veulent, souligne Ludovic Geheniaux. Mais il faut les informer dès le diagnostic que l’intensité du rainbow s’estompe rapidement au bout de quelques shampoings. »

 

Technique de réalisation

Tout d’abord, il faut procéder à la décoloration de la chevelure. Une fois réalisée, c’est le moment de passer à la coloration avec des colorants purs, des pigments directs. « On commence par isoler les mèches dans des papiers pour éviter les marbrures et, contrairement à une coloration classique, on ne va rincer qu’une couleur à la fois, précise Estelle Clergue. Il s’agit d’un travail assez technique, car il ne faut pas que les couleurs se mélangent au moment de l’application ni au moment du rinçage. » De son côté, Ludovic Geheniaux souligne : « J’aime prendre une couleur dominante, comme le violet, que j’applique sur toutes les racines. Puis je vais dégrader avec du bleu, du bleu clair, du vert… Mais il faut toujours veiller à ce que les couleurs matchent bien, sinon elles peuvent un peu marronner, ce qui est regrettable. » Vingt à trente minutes de pause sont nécessaires, selon les marques et le type de cheveux.

 

Rinçage et coupe

Pour le rinçage et la coupe, les coiffeurs peuvent opter pour différentes façons de procéder. Si certains utilisent shampoing et masque après l’application des couleurs, d’autres, comme Ludovic Geheniaux, ont leurs astuces pour donner aux couleurs du rainbow un maximum d’intensité. « C’est après avoir rincé la décoloration que je réalise le shampoing et que j’applique un masque. Une fois que le cheveu est bien préparé et hydraté, je procède à l’application des colorants directs sur cheveux mouillés. Je rince ensuite le rainbow sans shampoing, et j’applique un soin sans rinçage. Car réaliser le shampoing après application des couleurs peut engendrer jusqu’à une perdition de 20 % du reflet. » Concernant la coupe, plusieurs méthodes peuvent également être suivies. Pour Estelle Clergue, il est préférable de faire la coupe avant la réalisation du travail technique. « Car si on fait un dégradé, cela permet de faire la pose des couleurs au plus juste. Par ailleurs, je conseille plutôt le rainbow sur cheveux mi-longs voire longs, que sur cheveux courts. Les nattes, les tresses en épi par exemple, se marient très bien avec le rainbow et mettent vraiment en valeur les différentes couleurs. »

 

Conseils d’entretien

Il faut savoir qu’avec les colorants directs, il n’y a pas d’oxydation. Ce qui implique d’éviter tout ce qui est acide et trop riche. Ainsi, on recommandera uniquement des soins pour cheveux colorés. « C’est du cas par cas, suivant la qualité des cheveux et la fréquence des shampoings. Mais on invite en général la cliente à revenir au salon toutes les quatre à six semaines, précise Estelle Clergue. On ne redécolore pas : on va juste réappliquer les couleurs pures. » Et Ludovic Geheniaux de conclure : « Le phénomène rainbow est très émergent sur les réseaux sociaux, mais on se rend compte que beaucoup de clientes le demandent en “one shot”, juste pour le fun. Ensuite, il n’est pas rare qu’elles l’abandonnent pour revenir à une coloration plus commerciale ! »

 

Osez proposer le court !

Se faire couper les cheveuxt est une décision souvent difficile à prendre pour la cliente et, parfois, un peu traumatisante. Plus que jamais, le coiffeur doit faire preuve de psychologie, d’habileté et de talent pour réussir la transformation… Et créer un résultat époustouflant !

Indispensable diagnostic

Passer des cheveux longs à une coupe courte peut se faire de plusieurs manières, selon le profil des clientes. « Il y a tout d’abord les clientes déterminées, qui viennent au salon avec une photo et la ferme intention de couper leurs cheveux, explique Erwann Palumbo, gérant du salon The R’Shop à Varces-Allières-et-Risset (38). D’autres se montrent plus ou moins ouvertes à cette idée lorsqu’on leur propose, mais vont choisir très souvent de faire confiance à leur coiffeur. » Tout se joue, bien sûr, au moment du diagnostic. Pour Florent Ricordelle, gérant du salon Square F, à Nantes (44) : « Il arrive que l’on conseille le court à des femmes qui ont des cheveux très fins, un manque de matière, ou des cheveux très abîmés. Cependant, si je ne connais pas bien la cliente, je vais l’interroger pour savoir si elle a déjà porté le court dans le passé, car, si c’est le cas, cela va être plus facile pour elle d’accepter de couper ses cheveux. » Mais si on se trouve face à une cliente très indécise ou réticente, il est plus prudent de proposer une phase alternative, qui consiste à réduire un peu la longueur sans arriver à un extrême court. « Je propose alors une coupe, mais pas aussi courte que celle que j’avais en tête au départ, poursuit Erwann Palumbo. Parfois, certaines souhaitent finalement faire plus court : on prendra alors un peu de temps pour réduire encore la longueur jusqu’à ce qu’elle soit satisfaite. » Au final, la façon d’amener la cliente au court va se faire au cas par cas, suivant sa personnalité et ses aspirations.

 

Déterminer le style de la coupe

Pour définir la coupe courte qui sera la mieux adaptée, il est important de cerner la personnalité de la cliente, suivant la façon dont elle s’habille ou qu’elle s’exprime. Florent Ricordelle précise : « Il existe deux courants dans le conseil en image : la compensation, qui consiste à apporter une proposition d’équilibre, et l’accentuation, qui consiste à ne pas faire attention aux défauts anatomiques du visage, mais à apporter beaucoup de style. Entre les deux, il faut choisir. » De son côté, Erwann Palumbo souligne : « On va déterminer les longueurs par rapport aux maxillaires, aux épaules, aux omoplates, puis on se lance. C’est lors du diagnostic que tout cela se décide, et c’est aussi durant cette étape qu’il est nécessaire d’informer la cliente des contraintes imposées par la coupe courte. » Car contrairement à l’idée reçue, la celle-ci nécessite plus d’entretien à la maison, et, surtout, des visites plus fréquentes au salon.

 

Dégrossir la chevelure

Lorsque coiffeur et cliente sont tombés d’accord sur la coupe, il est temps de dégrossir la chevelure. Cette étape se réalise sur cheveux secs, avant de passer au bac. « En règle générale, je vais dégrossir 80 % sur cheveux secs, poursuit Florent Ricordelle. Cependant, j’évite de faire cette transformation devant le miroir. En effet, c’est parfois traumatisant pour la cliente de perdre toute cette matière, c’est pourquoi je préfère dégrossir dans une pièce annexe, sans miroir. C’est mieux de ne pas montrer cette phase de grosse transformation car il s’agit d’une coupe d’ébauche qui n’est pas belle. La cliente reviendra après son shampoing devant le miroir, avec les cheveux humides peignés en arrière. Ainsi, elle n’aura pas conscience de la masse qu’elle a perdue. »

 

Passage au bac et soin

Après avoir dégrossi la chevelure, c’est le moment de passer au bac. Le choix du shampoing doit être approprié au résultat que l’on souhaite, et selon que le cheveu est raide, ondulé ou sensibilisé… « Je conseille aussi de réaliser le soin ou le masque accompagné d’un massage, souligne Erwann Palumbo. Ce petit rituel va contribuer à détendre la cliente, car une femme qui coupe ses cheveux pour passer au court, est souvent très tendue. »

 

Séchage et finitions

Une fois le shampoing et le soin réalisés, c’est le moment de couper les derniers centimètres. La phase de finition se fait après séchage, sur cheveux secs, selon la texture, les volumes… « C’est le moment de personnaliser les coups de ciseaux en apportant de la légèreté et en expliquant ce que l’on fait, précise Erwann Palumbo. On achève ou non avec un spray fixant. » Enfin, concernant les recommandations produits, cela se fait aussi au cas par cas. « Il est important d’expliquer à la cliente quel produit on applique sur les cheveux et pour quelle raison, poursuit Erwann Palumbo. Cela permet de lui prouver que le produit est compatible avec le résultat voulu, ce qui l’incitera à l’achat. » De son côté Florent Ricordelle explique : « Je fais toujours au minimum deux propositions de produits de coiffage, c’est-à-dire que j’offre des alternatives très différentes entre une poudre et une cire ou entre un gel et un spray, par exemple, car on n’a pas tous la même sensibilité. Ce qui est certain, en tous cas, c’est que le court nécessite de l’entretien à la maison, et qu’il existe absolument tout pour aider la cliente à bien se recoiffer entre deux visites au salon ! »