Apprenez à maîtriser la frange 04/2018


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Moins facile à réaliser qu’elle n’y paraît, la frange est un exercice parfois périlleux, selon le type de visage et le désir de la cliente.

Le visagisme, essentiel lors du diagnostic

Droite ou de côté, concave ou convexe, symétrique ou asymétrique, profonde, large ou effilée… Il existe une multitude de franges, le tout est de savoir laquelle choisir pour quel type de visage. Diane-Laure Bourdoiseau, gérante du salon Diane Laure, à Saint-Jean-de-Védas (34), explique : « Toutes les franges ne correspondent pas à tous les visages. Un front étroit avec des sourcils très rapprochés de l’implantation capillaire, par exemple, ne se prête pas à la réalisation d’une frange. De même, j’évite d'en proposer à une cliente qui a un épi sur le devant, car elle ne sera pas forcément capable de le contrer et de savoir le coiffer. » Ainsi, le visagisme a une grande importance dans le choix de la frange. « Si le visage est rond, on va éviter d'en faire une arrondie, poursuit Diane-Laure Bourdoiseau. À l’inverse, pour un visage carré, on ne fera pas une frange trop droite, mais plutôt quelque chose d’assez long, d’un peu effilé, pour casser l’effet carré ou rectangulaire du visage. »

Procéder à des essais

Lorsqu’une cliente se décide pour porter une frange, elle opte en faveur d'un changement radical. Il est donc important de procéder à des essais qui lui donneront un bon aperçu du résultat final. « Je commence  progressivement avec une mèche sur le côté et une autre qui retombe un peu sur le front pour montrer ce que ça peut donner, explique Jean-Michel Faretra, gérant du salon Faretra Paris. Ou bien je réalise une queue-de-cheval et je rabats le reste de celle-ci vers l’avant pour faire un effet frange qui permet de se faire une idée. » Des essais indispensables pour les clientes indécises, que recommande également Diane-Laure Bourdoiseau. « Je prends la mèche de devant et je la plie en deux pour faire l’effet d’une frange, précise-t-elle. Mais pour les clientes très hésitantes, je réalise des fausses franges : c’est la grande tendance du moment. Cela consiste à couper à la hauteur du nez et à effiler. La mèche va se placer aussi bien d’un côté du visage que de l’autre, et au milieu. En la coiffant un peu volumineuse ou bombée, ça fait une frange qui va un peu dans le regard. La cliente peut visualiser le résultat. » Et lorsqu’elle est conquise, on passe à la réalisation.



Construction et réalisation

Est-il préférable de réaliser la frange sur cheveux secs ou cheveux mouillés ? Si certains conseillent de dégrossir la frange sur cheveux non lavés et secs, d’autres préfèrent commencer à la travailler après le shampoing, sur cheveux mouillés, pour ensuite parfaire le dessin sur cheveux secs. « Je réalise ma pré-frange sur cheveux mouillés en faisant toujours beaucoup plus long que ce que la cliente souhaite au départ, car je ne sais pas comment va remonter le cheveu. Je retravaille ensuite la frange après le brushing », détaille Diane-Laure Bourdoiseau. De son côté, Jean-Michel Faretra précise : « Dégrossir la frange en découpant le maximum de matière est une étape essentielle. La tendance actuelle n’est pas aux franges fines, mais plutôt à celles-ci qui partent du sommet du crâne ou du plateau supérieur. C’est un atout, car le poids du cheveu va écraser l’implantation pour permettre à la frange de mieux se placer. »

 

Finaliser et affiner la frange

Après la coupe et le brushing, c’est le moment d’affiner la frange et de faire du sur mesure en retravaillant le dessin avec précision. Lors de cette étape, il est important de consulter la cliente pour vérifier si la frange lui convient. Et suivant sa réponse, la moduler avec adresse pour qu’elle corresponde parfaitement à ses attentes. On donnera ainsi à la frange, selon les désirs, son aspect bombé, plat, arrondi ou effilé… « Je réalise une séparation en deux ou trois parties sur le dessus de tête, selon l’épaisseur du cheveu, et je commence par rabattre la première partie, explique Jean-Michel Faretra. Je découpe la longueur, puis je rabats petit à petit les autres parties sur la première partie pour obtenir ma frange finale. » Certaines franges nécessitent un coup de brosse, car le cheveu est un peu souple. D’autres n’ont besoin que d’un coup de séchoir. « Une fois que la frange est sèche, je reprends les ciseaux et je piquette toute ma bordure pour donner un effet plus souple, même si c’est une frange droite », conclut Jean-Michel Faretra. De son côté, Diane-Laure Bourdoiseau souligne : « J’utilise beaucoup les plaques afin d’obtenir des franges un peu plus naturelles et un peu plus gainées, pas trop arrondies. Les plaques s’utilisent surtout avec les cheveux épais pour obtenir une frange assez plate. »



Fixation et conseils

Si on souhaite éviter d’avoir une frange trop plaquée, mieux vaut éviter les produits alcoolisés comme la laque ou le gel. C’est en tout cas l’avis de Diane-Laure Bourdoiseau, qui préconise plutôt l’utilisation du shampoing sec pour bien coiffer les franges. « Si celle-ci frise ou ondule, je recommande à la cliente de sécher sa frange en inclinant le sèche-cheveux vers le bas, sans utiliser de brosse pour éviter de la gonfler. Il est préférable qu’elle coiffe sa frange avec les doigts, et qu’elle applique un peu de sérum sur les pointes. Elle peut aussi passer les plaques chaque matin au réveil… pour un résultat parfait ! »

Florence Bernardin

L’astuce de Diane-Laure Bourdoiseau, gérante du salon Diane Laure, à Saint-Jean-de-Védas :

« Pour équilibrer la frange malgré la présence d’un épi, je triche en coupant ma mèche un peu plus court d’un côté que de l’autre. Une fois sèche, la frange sera plus droite. »




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