Osez proposer le court ! 08/2017

Se faire couper les cheveuxt est une décision souvent difficile à prendre pour la cliente et, parfois, un peu traumatisante. Plus que jamais, le coiffeur doit faire preuve de psychologie, d’habileté et de talent pour réussir la transformation… Et créer un résultat époustouflant !

Indispensable diagnostic

Passer des cheveux longs à une coupe courte peut se faire de plusieurs manières, selon le profil des clientes. « Il y a tout d’abord les clientes déterminées, qui viennent au salon avec une photo et la ferme intention de couper leurs cheveux, explique Erwann Palumbo, gérant du salon The R’Shop à Varces-Allières-et-Risset (38). D’autres se montrent plus ou moins ouvertes à cette idée lorsqu’on leur propose, mais vont choisir très souvent de faire confiance à leur coiffeur. » Tout se joue, bien sûr, au moment du diagnostic. Pour Florent Ricordelle, gérant du salon Square F, à Nantes (44) : « Il arrive que l’on conseille le court à des femmes qui ont des cheveux très fins, un manque de matière, ou des cheveux très abîmés. Cependant, si je ne connais pas bien la cliente, je vais l’interroger pour savoir si elle a déjà porté le court dans le passé, car, si c’est le cas, cela va être plus facile pour elle d’accepter de couper ses cheveux. » Mais si on se trouve face à une cliente très indécise ou réticente, il est plus prudent de proposer une phase alternative, qui consiste à réduire un peu la longueur sans arriver à un extrême court. « Je propose alors une coupe, mais pas aussi courte que celle que j’avais en tête au départ, poursuit Erwann Palumbo. Parfois, certaines souhaitent finalement faire plus court : on prendra alors un peu de temps pour réduire encore la longueur jusqu’à ce qu’elle soit satisfaite. » Au final, la façon d’amener la cliente au court va se faire au cas par cas, suivant sa personnalité et ses aspirations.

 

Déterminer le style de la coupe

Pour définir la coupe courte qui sera la mieux adaptée, il est important de cerner la personnalité de la cliente, suivant la façon dont elle s’habille ou qu’elle s’exprime. Florent Ricordelle précise : « Il existe deux courants dans le conseil en image : la compensation, qui consiste à apporter une proposition d’équilibre, et l’accentuation, qui consiste à ne pas faire attention aux défauts anatomiques du visage, mais à apporter beaucoup de style. Entre les deux, il faut choisir. » De son côté, Erwann Palumbo souligne : « On va déterminer les longueurs par rapport aux maxillaires, aux épaules, aux omoplates, puis on se lance. C’est lors du diagnostic que tout cela se décide, et c’est aussi durant cette étape qu’il est nécessaire d’informer la cliente des contraintes imposées par la coupe courte. » Car contrairement à l’idée reçue, la celle-ci nécessite plus d’entretien à la maison, et, surtout, des visites plus fréquentes au salon.

 

Dégrossir la chevelure

Lorsque coiffeur et cliente sont tombés d’accord sur la coupe, il est temps de dégrossir la chevelure. Cette étape se réalise sur cheveux secs, avant de passer au bac. « En règle générale, je vais dégrossir 80 % sur cheveux secs, poursuit Florent Ricordelle. Cependant, j’évite de faire cette transformation devant le miroir. En effet, c’est parfois traumatisant pour la cliente de perdre toute cette matière, c’est pourquoi je préfère dégrossir dans une pièce annexe, sans miroir. C’est mieux de ne pas montrer cette phase de grosse transformation car il s’agit d’une coupe d’ébauche qui n’est pas belle. La cliente reviendra après son shampoing devant le miroir, avec les cheveux humides peignés en arrière. Ainsi, elle n’aura pas conscience de la masse qu’elle a perdue. »

 

Passage au bac et soin

Après avoir dégrossi la chevelure, c’est le moment de passer au bac. Le choix du shampoing doit être approprié au résultat que l’on souhaite, et selon que le cheveu est raide, ondulé ou sensibilisé… « Je conseille aussi de réaliser le soin ou le masque accompagné d’un massage, souligne Erwann Palumbo. Ce petit rituel va contribuer à détendre la cliente, car une femme qui coupe ses cheveux pour passer au court, est souvent très tendue. »

 

Séchage et finitions

Une fois le shampoing et le soin réalisés, c’est le moment de couper les derniers centimètres. La phase de finition se fait après séchage, sur cheveux secs, selon la texture, les volumes… « C’est le moment de personnaliser les coups de ciseaux en apportant de la légèreté et en expliquant ce que l’on fait, précise Erwann Palumbo. On achève ou non avec un spray fixant. » Enfin, concernant les recommandations produits, cela se fait aussi au cas par cas. « Il est important d’expliquer à la cliente quel produit on applique sur les cheveux et pour quelle raison, poursuit Erwann Palumbo. Cela permet de lui prouver que le produit est compatible avec le résultat voulu, ce qui l’incitera à l’achat. » De son côté Florent Ricordelle explique : « Je fais toujours au minimum deux propositions de produits de coiffage, c’est-à-dire que j’offre des alternatives très différentes entre une poudre et une cire ou entre un gel et un spray, par exemple, car on n’a pas tous la même sensibilité. Ce qui est certain, en tous cas, c’est que le court nécessite de l’entretien à la maison, et qu’il existe absolument tout pour aider la cliente à bien se recoiffer entre deux visites au salon ! »

Florence Bernardin

L’astuce de Florent Ricordelle, salon Square F, à Nantes.

« Je conseille de ne pas hésiter à faire un second shampoing en phase de coupe si on voit que le cheveu ne se place pas tout à fait comme on le souhaite. Quand on fait une grosse transformation et qu’on coupe plus de 10 cm, le cheveu est perdu, il faut qu’il retrouve sa place. Un shampoing permet de le reconditionner à nouveau pour un meilleur résultat ! »




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