Réussir un tie and dye 06/2017


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Créée dans les années 1990, cette technique de coloration, de nouveau d'actualité, est une prestation difficile qui suppose beaucoup d’habileté, un œil aguerri et un certain doigté. Voici quelques conseils pour la réussir à la perfection.

Diagnostic et historique

Au cours de la consultation, plusieurs aspects doivent être abordés pour déterminer si le tie and dye est réalisable. Ainsi, il est recommandé d’avoir une base relativement saine et de bien connaître l’historique du cheveu pour éviter les mauvaises surprises. Manuel Monnot, coiffeur à Montluçon (03) et ambassadeur L’Oréal Professionnel, précise : « Si le cheveu est coloré avec du noir ou du rouge, par exemple, on va être en présence de pigments qui ne sont pas toujours faciles à enlever. Une cliente qui porte une couleur artificielle foncée et souhaite une couleur claire risque de se retrouver avec des fonds jaune orangé et un résultat assez laid. Je l’oriente alors plutôt vers un effet ambré et sur un tie and dye aux tons mokas, plus marronnés. » Le tout est de se mettre bien d’accord avec la cliente avant de débuter la prestation, comme le souligne Jean-Michel Faretra, gérant des salons Faretra Paris à Paris, 8e et au Luxembourg : « Il faut savoir ce que la cliente souhaite comme couleur, mais aussi comme éclaircissement, et se mettre d’accord avec elle sur la hauteur de ton. De même, il faut déterminer à quel endroit on place les mèches. Actuellement, les clientes recherchent plutôt des effets naturels ; il faut donc éviter de faire une barre nette entre les cheveux naturels et les longueurs qu’on va éclaircir. »

 

Différentes méthodologies

Si différentes méthodes se révèlent efficaces pour réaliser un beau tie and dye, il est cependant impératif de toujours procéder à la coupe avant de faire la coloration. Si certains professionnels utilisent la palette et d’autres le pinceau mousse, la technique du balayage en V est également très prisée. « On dessine des V sur chaque mèche avec des longueurs beaucoup plus claires et des départs beaucoup plus fins, explique Jean-Michel Faretra. On évitera ainsi l’effet "barre" et le départ "tige". Parfois on applique, on rince et on refait une application par-dessus pour obtenir un résultat très clair : c’est du cas par cas, on doit s’adapter au passif de la cliente. » Ce passif doit aussi être pris en compte lors du choix des produits. « Pour ma part, j’aime travailler avec un produit élasthane et un gant que je fais glisser sur le cheveu pour donner une estompe, précise Manuel Monnot. Puis je vais charger la pointe pour obtenir un ton plus clair. Je travaille d’abord avec un produit aux 20 ou 30 volumes selon l’éclaircissement voulu, puis je termine en général la pointe aux 40 volumes. » Le temps de pose se décide lui aussi au cas par cas, suivant la sensibilité du cheveu et le résultat recherché.

 

Passage au bac

Après la pose, la cliente passe au bac : on procède d’abord au rinçage, puis on essore les cheveux à la serviette avant d’appliquer une patine, recommandée surtout si l'on obtient un fond d’éclaircissement un peu trop jaune ou orangé. « La patine va créer un vernis dans le cheveu, le faire briller, et lui donner un aspect plus naturel, précise Jean-Michel Faretra. On l’applique avant le shampoing, on laisse poser, puis on va la travailler avec les doigts… » Pour Manuel Monnot, l’étape de la patine peut servir à neutraliser le fond d’éclaircissement ou bien à donner plus de fantaisie : « C’est le moment d’aller vers un peu plus de fantaisie si on le souhaite : tons cuivrés, acajou moka, et même rose ou violet… » Vient ensuite l’étape du shampoing, puis de l’application d’un soin nourrissant… indispensable ! La technique du tie and dye peut fragiliser les cheveux : les écailles doivent être refermées et le cheveu réhydraté. Il ne faut pas hésiter à emballer les cheveux dans une serviette chaude après application du soin, pour un meilleur résultat.

 

Coiffage et séchage

C’est l’étape finale, le moment de donner un peu de forme à la chevelure. Bien sûr, il est possible de lisser la chevelure, mais le tie and dye est davantage mis en valeur avec un brushing ou un séchage au fer à boucler. « L’effet wavy est très tendance, précise Jean-Michel Faretra. Le wavy s’accorde parfaitement avec le tie and dye et le rendu est très joli. Cet effet de vague va donner plus de rondeur et de naturel à la chevelure. » De même, si les cheveux sont longs, on peut natter pour obtenir des effets plus naturels et des degrés de nuances très gracieux.

 

Que faire pour entretenir ?

La cliente qui souhaite un tie and dye doit savoir qu’un entretien à la maison est indispensable. « Je lui conseille de faire un masque avec pigments après chaque shampoing pour nourrir et réalimenter le pigment désiré, précise Jean-Michel Faretra. Pour les longueurs froides, il est préférable d’opter pour un masque à effet bleuté, tandis que je conseille un masque à pigments cuivrés pour entretenir le rose par exemple. » Enfin, contrairement à d’autres prestations telles que le balayage, un tie and dye ne nécessite pas de revenir très fréquemment au salon : on peut attendre facilement trois ou quatre mois avant de le refaire. « Cependant, il est conseillé de prendre rendez-vous pour une patine de temps en temps… Cela redonnera aussitôt du dynamisme à la couleur et de la lumière aux pigments ! »

Florence Bernardin

L’astuce de Manuel Monnot, coiffeur à Montluçon et ambassadeur L’Oréal Professionnel :

« Pour une cliente qui présente une forme de visage ronde ou carrée, je conseille de tricoter quelques mèches à la palette avec un oxydant très faible, de la racine jusqu’à la pointe. Cela va créer de la lumière sur le dessus du crâne et donner de la hauteur au visage. Pour celles qui ont une forme rectangulaire ou ovale long, on va plutôt garder de la profondeur à la racine et éclaircir les pointes et les côtés pour donner de la largeur au visage. »




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