La coupe à blanc : tendance, mais technique 09/2016


© Hair by Raffel Parges © David Arnal
Les looks rétro chic et hipster pour hommes, avec coupe à blanc, connaissent un vrai succès sur les podiums, mais aussi, désormais, dans la rue. Pour être réussies, de telles coupes nécessitent une parfaite technique et quelques astuces.

1. ÉTUDIER LA MORPHOLOGIE DU CLIENT

Une telle coupe se doit d’être parfaitement adaptée à l’homme qui la porte. « Une coupe Stromae ne va pas à une grosse tête, explique Jérôme Guézou, fondateur du salon Angel Studio à Paris XVIIe. Il faut adapter le dégradé à blanc, qui doit être plus ou moins haut selon la morphologie de la tête, de même que la longueur sur le dessus. Ce type de coupe ne va pas tellement à des hommes trop maigres, avec une petite tête ou avec des plis dans la nuque. Mieux vaut être dans la moyenne. » Coupe à blanc ne signifie pas uniformité. Elle peut être traitée dans un style dandy, surf, rock, fashion, avec banane, crans, mèche en avant, de côté ou romantique en arrière, selon le style et l’âge du client.

2. LA PRÉPARATION

Avant de commencer, il est indispensable de bien hydrater le cuir chevelu. « En effet, si la peau du crâne est sèche, le résultat est moins esthétique », explique Jérôme Guézou. Il est important de  s’équiper de tondeuses qui coupent très court, et de travailler avec une petite brosse fine plutôt qu’un peigne afin de nettoyer le cuir chevelu en même temps qu’on passe la tondeuse.

3. DIAGNOSTIC ET TECHNIQUE

Côté technique, une coupe à blanc se travaille d’une façon particulière. C’est ce que nous explique Julien Le Rumeur, du salon Jean-Michel Faretra à Paris VIIIe, qui a œuvré dans les barber shops aux États-Unis. « Avant de débuter la coupe, il est essentiel de faire un diagnostic client. Puis, on sépare les zones, en commençant par la plus courte. On opte pour une nuque carrée ou en V, selon le style voulu. Si c’est un V, la pointe se trouve sous l’os occipital. Il ne faut pas avoir peur d’y aller au plus court. Sur les côtés, on garde une partie blanche jusqu’à l’arcade sourcilière puis on opère un fondu jusqu’au milieu de l’œil. Tout le secret réside dans l’inclinaison de la tondeuse et la souplesse du poignet pour réussir à gommer les ombres. Il est préférable de réaliser un fondu, plutôt qu’un travail de jonction. Quant aux contours de la coupe, ils se travaillent impérativement au coupe-chou. »

La partie haute est souvent travaillée avec une raie et une grosse mèche, mais pas seulement. Plus les cheveux sont épais, mieux c’est. « Il faut suivre l’implantation naturelle, continue Julien Le Rumeur. Garder le maximum de longueur sur le dessus, mettre en forme et texturiser, plutôt que couper.»

3. ADAPTER LA COUPE AU STYLE DU CLIENT

Les hommes branchés, mais plutôt classiques, aiment quelque chose d’assez naturel, avec un léger séchage en avant, puis un peu de cire pour replacer les cheveux. D’autres préfèrent une mèche de côté avec un gros volume ou bien un vrai plaqué sur le côté. « Actuellement, on commence à réaliser des coiffages moins figés, avec le dessus un peu plus sauvage, explique Julien Le Rumeur. Sinon, les artistes, les hipsters et les gens de la téléréalité portent volontiers une grosse barbe et un plateau avec des tresses collées, par exemple, ou bien un dégradé très blanc et des contours aux lignes très strictes. »

4. UTILISATION DE LA TONDEUSE

De son côté, Guillaume Fort, à Saint-Estève (près de Perpignan), finaliste du concours American Crew, possède une technique très pointue. Il saisit la tondeuse à l’envers, dents vers le bas, et « gratte » pour couper au plus court. Il applique, au préalable, huiles essentielles et mousse à raser pour un rasage sans irritation. Selon les zones, il utilise différents sabots sur sa tondeuse. « Sur le vertex, c’est-à-dire l’arrière du crâne, je conserve l’épi du haut de la tête et garde suffisamment de longueur pour pouvoir coiffer facilement les cheveux et maîtriser l’épi. Sur le dessus de la tête, je travaille au Feather®. Cela permet d’alléger les pointes, de donner de la texture et de déstructurer le cheveu, qui sera ainsi beaucoup plus malléable. On crée ainsi un esprit rétro chic très élégant, que l’on adapte au client, avec un coiffage arrière ou de côté. »

5. TRAVAILLER UN TOTAL LOOK

« La coupe à blanc se porte avec une barbe, une moustache ou sans rien, mais, dans tous les cas, le look doit être irréprochable. Une coupe à blanc avec une barbe négligée, cela ne fonctionne pas », affirme Jérôme Guézou. Pour un style vraiment réussi, ce dernier préconise donc de travailler le look dans son ensemble : nœud papillon, au lieu de la cravate, petit gilet boutonné, bretelles… Autant d’accessoires vestimentaires qui crédibilisent la coupe.

Bénédicte Le Guérinel

Le conseil de Julien Le Rumeur :

« Il ne faut pas avoir peur de couper dans le vif pour créer un vrai effet visuel. Souvent, les gens n’osent pas et, du coup, la coupe fonctionne moins bien. »

L'astuce de Jérôme Guézou :

« La nuque et les côtés étant très exposés, il faut penser à appliquer de la crème solaire pour éviter les coups de soleil, d’autant que c’est souvent au moment des vacances d’été que les clients testent cette nouvelle tête. »




Inscrivez-vous et recevez gratuitement chaque semaine la newsletter de Coiffure de Paris