Comment réussir sa coloration 09/2016


© Thomas Gogny
Enseignées à l’école, les bases nécessaires à la réussite d’une coloration sont parfois oubliées au cours de la vie professionnelle. Or, elles demeurent des clés indispensables pour réaliser une coloration parfaite. Petit rappel…

Consultation et diagnostic

Pour être bien menée, la consultation doit se dérouler en deux phases. Stéphanie Vanacker, responsable de formation chez Wella, souligne : « Tout d’abord, un dialogue doit s’instaurer avec la cliente pour comprendre son besoin. Puis, vient la phase de diagnostic au cours de laquelle on analyse l’état ainsi que la nature du cheveu et du cuir chevelu. On sait, par exemple, qu’un cheveu poreux a tendance à foncer : il faudra donc descendre d’un ou deux tons pour obtenir un bon résultat. » Autres points importants : l’évaluation de la hauteur de ton des cheveux de la cliente, du nombre de tons entre la couleur actuelle et celle souhaitée, mais aussi le pourcentage de cheveux blancs. « Ces paramètres sont incontournables pour réussir la coloration, mais il s’agit d’un exercice difficile, surtout pour les débutants, explique Emmanuel Pirenne, directeur artistique chez Eugène Perma. Il faut, entre autres, déterminer si la cliente a plus ou moins de 50 % de cheveux blancs. À la suite d’un diagnostic complet, on prépare le mélange à appliquer. C’est l’œil et l’expérience qui permettent d’évaluer au mieux. Cette étape permet de bien choisir l’oxydant et les nuances pour la formule à appliquer, car si on met trop de base, on tue le reflet, et si on n’en met pas assez, le reflet sera trop intense et les cheveux blancs pas couverts… »

Choix et application de la couleur

En matière de coloration d’oxydation, il faut toujours avoir à l’esprit qu’une couleur ne peut pas éclaircir une autre couleur artificielle. « Souvent, les débutants oublient ce principe et appliquent une couleur plus claire en racine que celle présente sur les pointes, poursuit Emmanuel Pirenne. La cliente se retrouve alors avec des pointes assez foncées et des racines très claires. Il faut penser à démaquiller le cheveu. » Pour Grégory Le Hir, responsable coloration et création pour La Biosthétique France, toutes les bases de la colorimétrie doivent être maîtrisées pour réussir sa coloration. « Lorsque l’on éclaircit un cheveu, il faut connaître parfaitement les fonds de décoloration qui correspondent à chaque hauteur de ton, mais également la neutralisation, c’est-à-dire la couleur complémentaire qui permet de neutraliser un reflet indésirable pour un résultat naturel et moderne. » Et d’ajouter : « Les règles de colorimétrie sont nécessaires pour éclaircir, mais elles permettent aussi à des clientes qui sont décolorées, de pouvoir refoncer leurs cheveux, c’est-à-dire de recharger le cheveu en pigments. » Selon Emmanuel Pirenne, le professionnel doit toujours distinguer les couleurs primaires des couleurs secondaires. « L’étoile d’Oswald permet de se rappeler les grands principes de la neutralisation : l’orange est neutralisé par le bleu, le jaune par le violet, et le rouge par le vert… »

Application et temps de pause

Lors de l’application, la méthode en croix est la plus recommandée pour une bonne organisation et une juste répartition du produit sur l’ensemble de la chevelure. « Avant toute coloration d’oxydation, il est nécessaire de faire une touche d’essai dans le creux du bras ou derrière l’oreille, précise Emmanuel Pirenne. Souvent, les professionnels passent outre cette étape, alors qu’elle est obligatoire : s’il y a réaction allergique, la cliente risque de se retourner contre son coiffeur (et non contre la marque !). » Par ailleurs, il est indispensable de bien respecter le temps de pause préconisé par les marques : trente à trente-cinq minutes en général. « En dessous de ce timing, l’oxydation ou la couverture des cheveux blancs ne sera pas faite. Au-dessus, on risque de sensibiliser le cuir chevelu et de foncer davantage la couleur. »

Émulsion et rinçage

L’émulsion avant rinçage est aussi une étape très importante pour une coloration réussie. Elle permet de décoller la couleur et d’éviter d’avoir le cuir chevelu taché. « L’émulsion permet d’obtenir une brillance de la couleur beaucoup plus éclatante, précise Stéphanie Vanacker. Lorsque la mousse colorée devient blanche, que le produit devient très clair, on peut considérer que l’émulsion a été parfaitement effectuée. » Ainsi, frictionner les actifs stimule la brillance et le massage du cuir chevelu offre une vraie détente à la cliente. Une couleur bien émulsionnée se rince mieux et conserve davantage sa brillance dans le temps.

Fixation de la coloration

Ultime étape, le shampoing post-coloration est fortement recommandé pour lisser les écailles du cheveu et aider à une meilleure tenue de la coloration. « Les colorations sont généralement très alcalines : faire ce shampoing à pH acide permet de rééquilibrer celui du cheveu », précise Emmanuel Pirenne. Et Stéphanie Vanacker de conclure : « Ce shampoing après couleur va aussi neutraliser tous les résidus d’oxydation et fixer cette oxydation. Le coiffeur doit toujours avoir en tête qu’une coloration mal rincée aura pour conséquence d’oxyder davantage le cheveu. »

Florence Bernardin



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