Réussir les tresses sans stress 07/2016


© Hair by Jérémy Blanc © Arthur Bensana
Depuis trois ans, les tresses connaissent un succès croissant auprès des consommatrices, dont la demande est de plus en plus variée, avec une préférence pour les coiffures à base de nattes d’une grande originalité. Mais, pour réussir sa prestation, plusieurs étapes doivent être respectées.

Écouter les attentes de la cliente

La première étape consiste à choisir le style de tresses le mieux adapté à la cliente, suivant son désir, son look vestimentaire ou la forme de son visage. Un dialogue doit s’engager pour savoir si elle souhaite des nattes pour une occasion particulière, telle qu’un mariage ou une soirée. « Très souvent, les clientes ont une idée assez précise de ce qu’elles veulent, explique Thierry Deschemins, gérant du salon Thiedesarts à Paris et ambassadeur pour L’Oréal Professionnel. Grâce à Pinterest ou Instagram, elles ont accès à toutes sortes de photos, ce qui leur permet d’avoir une vision large de ce qui se fait. Il faut cependant vérifier que la forme de tresse choisie est bien réalisable. » Et la principale difficulté, c’est, bien sûr, la longueur. « Les cheveux sont parfois un peu courts, mais avec des bandes clipsées, on réussit, en général, à réaliser la coiffure », poursuit Thierry Deschemins. Autre particularité : la demande concerne toutes les tranches d’âge. Libre au coiffeur de tenir compte de ce paramètre, lorsqu’il commence à tresser !

La natte dans tous ses états

Il existe une très grande variété de nattes, dans tous les sens et toutes les formes. Tresses en épi, en relief, en rangées, tresses étiolées, twistées, à base de nœuds, en « fish style » ou queue de poisson, réalisées sur cheveux naturels ou sur un tie and dye… Il y en a pour tous les goûts. Parmi les dernières tendances : les tresses Bo Derek, qui ont contribué à faire de la célèbre actrice un sex-symbol, ou encore la Cornrow braid, une natte africaine plaquée, très utilisée dans les défilés et appréciée pour son côté sportswear et dynamique. « On peut réaliser des styles très différents, précise Raphaël Perrier, président de l'Équipe de France de coiffure et créateur de l'album Tresses de « Coiffure de Paris ». Du plus rebelle au plus bohème, en passant par le style classique, le style punk, etc. Lorsque la mode a commencé en 2013, la demande se portait sur des tresses simples. Il y a eu une grosse évolution et, désormais, on dispose d’une multitude d’options.» 

Préparation et texturisation du cheveu

Une des règles d’or : éviter de faire un shampoing avant de faire les nattes. Il est préférable que le cheveu ait un peu de vécu. En effet, un cheveu trop propre aura tendance à être fuyant, ce qui va compliquer la réalisation de la coiffure. « Il vaut mieux utiliser un shampoing sec et un produit qui va texturiser la matière pour mieux aider à travailler la natte», explique Thierry Deschemins. Cependant, si le coiffeur juge le shampoing nécessaire, il est préférable d’éviter le brushing et de sécher à l’aide d’un produit un peu fixant pour donner du corps au cheveu. « Avec de la cire, on parvient à travailler le cheveu après le shampoing, confirme Raphaël Perrier. La préparation du cheveu est une phase très importante pour réussir les nattes. » Par ailleurs, une natte réduit toujours le volume du cheveu. Par de très légers crêpages, on peut donner plus d’ampleur au cheveu. Une pince à gaufrer, utilisée en racine ou sur toute la longueur du cheveu, est aussi très utile pour lui donner plus de corps et plus de matière. Thierry Deschemins ajoute : « De même, reprendre le cheveu avec un fer à boucler avant de faire la tresse apporte de la souplesse, ce qui permet de construire une coiffure plus facilement. » 

Laisser libre cours à sa créativité 

« Il y a plusieurs points de départ de nattes, mais c’est dans son exécution qu’une tresse va prendre toute sa dimension, précise Thierry Deschemins. Apprendre à faire une tresse, ce n’est pas difficile. En revanche, savoir la diriger pour en faire une coiffure, ça ne s’apprend pas : cela relève du sens artistique de chacun.» Et il est possible de réaliser une infinité de coiffures avec les nattes. « C’est un travail où la créativité du coiffeur peut pleinement s’exprimer, car il est possible de réaliser des coiffures ou des chignons exceptionnels à l’aide de tresses. » Pour Raphaël Perrier, l’avantage des nattes, c’est aussi de « pouvoir changer de style tous les jours, selon son humeur, et ne jamais avoir, cependant, deux fois la même coiffure ! »

Laque ou pas ?

Les nattes sont achevées, le coiffeur a le choix de fixer davantage avec un peu de laque ou pas. « L’utilisation de la laque va dépendre du résultat final, conclut Raphaël Perrier. Si on souhaite plutôt quelque chose d’élégant, sans cheveux qui dépassent : dans ce cas, un peu de laque est utile. En revanche, pour des coiffures plus bohèmes ou grunge, on ne va quasiment pas à avoir recours à la laque. » De son côté, Thierry Deschemins admet, lui aussi, n’en utiliser que rarement : « J’aime que le cheveu se défasse un peu, j’ai un penchant pour les tresses légèrement déstructurées, comme si elles étaient prêtes à tomber. » Enfin, peu de conseils à donner pour le vécu de ces coiffures : la cliente peut toujours essayer de se coucher avec ses nattes. Avec un peu de chance, elles seront encore d’aplomb le lendemain, sinon, une seule solution : une nouvelle visite en salon !

Florence Bernardin

L'astuce de Raphaël Perrier

« Évitez de faire un shampoing juste avant de réaliser des nattes. Mieux vaut laisser passer un jour ou plus, quitte à utiliser un shampoing sec : le cheveu aura une meilleure tenue, les tresses et la coiffure n’en seront que mieux réussies ! »




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