Comment réussir une barbe ? 06/2016


© Lorado/Getty Images
Exercice délicat qui nécessite doigté, habileté et un peu de psychologie, la taille de barbe est une prestation un peu à part, avec plusieurs étapes à respecter pour la mener avec succès…

Analyse et diagnostic 

Le barbier se définit, avant tout, comme un sculpteur qui va façonner des volumes. Qu’il s’agisse d’une barbe courte, moyenne ou longue, le barbier a besoin de matière pour travailler. « Lorsque le client prend rendez-vous par téléphone, on lui demande de laisser pousser sa barbe 10 à 15 jours avant, explique Alexandre Boulom, gérant de La Clé du Barbier à Paris Ve. Puis, lorsqu’il arrive au salon, on prend le temps de le regarder de face et de profil, afin d’analyser ses implantations, sa couleur, sa morphologie… On analyse, en même temps, la chevelure, car le but est de trouver une harmonie entre la barbe et les cheveux. » Guillaume Fort, gérant du salon Guillaume Fort pour l’Homme à Saint-Estève (66), souligne : « Il est impératif aussi de voir si la barbe est fournie ou pas. C’est l’une des difficultés du métier : on ne peut pas faire de miracle, si la pilosité est faible. Il faut donc conseiller le client au mieux sur la forme de sa barbe, son tracé, et adapter les volumes suivant le style de son visage et sa pilosité. »

Phase de préparation

Tailler la barbe peut, parfois, entraîner une irritation de la peau. Pour prévenir les méfaits dus au feu du rasoir, une phase de préparation, destinée à hydrater et adoucir, est indispensable. Ce rituel de préparation doit aussi faciliter le passage de la lame. « Les huiles de prérasage permettent de poser un film protecteur entre la lame et la peau, ce qui va limiter les sensations d’échauffement et d’irritation », précise Alexandre Boulom. Même constat pour Guillaume Fort, qui ajoute : « Après avoir appliqué l’huile, j’utilise un produit exfoliant comme une crème lavante, qui va nettoyer en profondeur et éliminer les peaux mortes qui s’accumulent sous la barbe. Je pose, ensuite, une serviette chaude sur le visage pour activer le produit. » Une fois ce rituel de préparation achevé, la taille de barbe peut commencer.

Rasage, taillage et coiffage

La tête inclinée en arrière et le corps en position allongée, le client peut se relaxer. Le barbier commence par façonner les volumes. « Une fois que les volumes nous plaisent, on commence le travail de rasage », précise Alexandre Boulom. Le barbier applique alors un savon à barbe à l’ancienne avec un blaireau ou bien, selon son choix, un gel transparent, qui permet de voir davantage les détails de la barbe. Le rasage s’effectue, ensuite, au moyen de différents outils : coupe-chou, tondeuse ou ciseaux… « Le fait de raser au plus près de la peau, enlève le sébum et altère le film hydrolipidique de la peau, poursuit Guillaume Fort. J’applique donc toujours une crème hydratante, qui permet de reconstruire ce film hydrolipidique.A partir de là, je procède à la taille et au coiffage de la barbe. » Pour Guillaume Fort, il est indispensable, lors de la phase de rasage, d’interroger son client pour savoir si ça lui convient, quitte à retravailler plusieurs fois la même partie, jusqu’à ce qu’il soit satisfait de la forme et qu’il valide. « Il est important de consulter le client au fur et à mesure. La barbe est un peu sacrée chez l’homme, il faut vraiment la respecter. »

Rituel de relaxation après rasage

Une fois le rasage et le coiffage de barbe terminés, il est nécessaire de réguler le pH de la peau. L’application d’un après-rasage s’impose, qu’il s’agisse d’une crème, d’une lotion ou d’une pierre d’alun. Ensuite, chaque barbier a son protocole pour offrir de la détente au client. « La prestation ne doit pas s’achever juste après le rasage, explique Guillaume Fort. On doit respecter un temps de relaxation, il n’est pas bon de boucler un service rapidement. » Ainsi, modelage et soin sont de mise pour relaxer le client. Pour Alexandre Boulom, terminer la prestation par un rituel de relaxation est incontournable. « Je propose à la personne de s’allonger quelques minutes avec deux serviettes chaudes posées sur son visage, précise-t-il. J’appose ensuite un fluide qui me permet d’appuyer en douceur sur les points de compression du visage. Cette relaxation manuelle est complétée par l’utilisation de machines à vapeur humide et sèche, qui renforcent le bien-être du client. »

Conseils et entretien

Enfin, le client attend de son barbier, des conseils avisés pour l’entretien de sa barbe jusqu’à sa prochaine visite. « Le client doit avoir les cartes en main pour soigner sa barbe, conclut Guillaume Fort. Il n’y a pas d’intérêt à vendre un service sans proposer une continuité à la maison. » Ainsi, baume, huile ou fluide sont autant de produits vendus en salon pour laver, traiter et adoucir la barbe. «Je conseille un shampoing pour cheveux et barbe, ainsi qu’un conditionneur, précise Alexandre Boulom. Au niveau du matériel, le client va avoir besoin d’une petite tondeuse de finition ou de ciseaux à moustache. La tondeuse sert à redéfinir les lignes qu’on a fixées lors de la prestation, tandis que les ciseaux vont permettre de retailler la moustache, pour éviter que le poil ne vienne sur les lèvres. Enfin, le peigne en corne est idéal pour coiffer la barbe chez soi. » Et, parmi les conseils que peut prodiguer le barbier à son client : ne pas attendre plus de trois semaines à un mois pour revenir au salon tailler sa barbe !

Florence Bernardin

L’astuce du barbier

« Il est préférable de réaliser la coupe de cheveux avant de procéder au rasage. Cela permet de trouver plus facilement l’harmonie et l’équilibre entre barbe et cheveux. »




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