Réussir une frange 04/2016


© Getty Images
Véritable couture sur mesure, la frange varie en fonction de la personnalité que l'on veut faire ressortir, mais aussi de la morphologie de la cliente. Elle nécessite, en tout cas, un grand professionnalisme pour être parfaitement réussie.

Définir l'esprit de la frange

Choisir, parmi la multitude de franges existantes, celle que l’on va réaliser n’est pas une mince affaire. Ce choix va dépendre du caractère de la personne, de son physique, mais aussi de l’expression que l’on veut donner. « La taille de la cliente, son style, son maquillage, mais aussi le contour de son visage et sa personnalité, sont autant de critères à prendre en compte pour sélectionner le style de frange qu’on va proposer, explique Claude Tarantino, gérant du salon éponyme à Metz. Chaque détail a son importance : si elle porte des lunettes, si elle a un grand nez, des lèvres épaisses ou non… La frange est un élément essentiel, ce doit être une couture sur mesure. » Concave, convexe, droite ou de côté, profonde, large ou transparente : lorsqu’une cliente passe à la frange, elle opte pour un changement radical, et le coiffeur n’a pas droit à l’erreur. « La cliente craint souvent que ce ne soit pas réussi, précise Jean-Michel Faretra, gérant du salon Faretra Paris. Je commence toujours progressivement avec une mèche sur le côté et une mèche qui retombe un peu sur le front, pour montrer ce que ça peut donner, ou bien je réalise une queue de cheval, et je rabats le reste de cette queue de cheval vers l’avant pour faire un effet frange, qui va permettre à la cliente de se faire une idée et de se décider»

Construction de la réalisation

Avant toute chose, il faut vérifier qu’il n’y a pas d’épi et que l’implantation du cheveu se prête bien à la réalisation de la frange. Un cheveu trop frisé peut constituer un obstacle, à moins que la cliente ne soit une adepte de la pince à lisser. « Je recommande de dégrossir la frange sur cheveux non lavés et secs, souligne Claude Tarantino. Cela permet de voir les plis, et comment va tomber la frange. Tel un tailleur de pierre, le professionnel dessine et découpe sa matière, pour se rendre compte, au fur et à mesure, si ça se met en place. » De son côté, Jean-Michel Faretra préfère commencer la frange après le shampoing, sur cheveux mouillés, pour la finir sur cheveux secs : « Dégrossir la frange en découpant le maximum de matière est une étape essentielle. La tendance actuelle n’est pas aux franges fines, mais plutôt aux franges qui partent de très loin, c’est-à-dire du sommet du crâne ou du plateau supérieur. C’est un atout, car le poids du cheveu va écraser l’implantation pour permettre à la frange de mieux se placer. Mais, il faut être vigilant, car il ne sera pas possible, même avec ce style de frange, de dompter les épis les plus forts. »

Retravailler le dessin

Lorsque la couleur a été appliquée ou que le brushing a été réalisé, il est nécessaire de retravailler le découpage et le dessin de la frange. C’est le moment, suivant le choix de la cliente, de lui donner son aspect bombé, plat, arrondi ou effilé. « Je réalise une séparation en deux ou trois parties sur le dessus de tête, selon l’épaisseur du cheveu, et je commence par rabattre la première partie, indique Jean-Michel Faretra. Je découpe la longueur, puis je rabats, petit à petit, les autres parties sur la première partie pour obtenir ma frange. » Il faut moduler tout en vérifiant, au fur et à mesure, si la frange correspond aux attentes de la cliente. Claude Tarantino précise : « Il ne faut pas hésiter à demander si elle préfère, par exemple, une frange au-dessus du sourcil pour dégager le regard, ou une frange plus longue, derrière laquelle elle souhaite se cacher.»

Affiner le sur-mesure

C’est maintenant le moment de faire du sur-mesure précis : on ouvre des angles au niveau des yeux et au niveau des arcades, on creuse au niveau du nez. « Le dessin définitif est donné, dit Claude Tarantino. On place la chevelure, la frange. On vérifie s’il y a trop ou pas assez de matière. Il ne faut pas hésiter à aller chercher une mèche un peu plus loin ou recreuser autour des yeux pour ouvrir un regard. On arrive à la finalité : du sur-mesure. »

Puis, avec le sèche-cheveux, orienter dans le sens de l’implantation naturelle. « Certaines franges nécessitent un coup de brosse, car le cheveu est un peu souple, souligne Jean-Michel Faretra. D’autres n’ont besoin que d’un coup de séchoir. Une fois que la frange est sèche, je reprends les ciseaux et je piquette toute ma bordure pour un effet plus souple, même si c’est une frange droite. »

Fixation et coaching

Avec un peu de spray, montrer à la cliente comment apprivoiser la frange et la faire tenir. On peut aussi utiliser une crème lissante ou un gel disciplinant, suivant le type de cheveu. Jean-Michel Faretra précise : « S’il a tendance à onduler ou à friser, on peut utiliser un produit lisseur, avant de le sécher, qui va éviter que la frange ne remonte trop vite. » Au final, pour Claude Tarantino, ce sont des dizaines, voire des centaines ou des milliers de franges différentes que l’on peut créer. « Si l’on parvient à combiner parfaitement les envies de la cliente avec l’audace du coiffeur et sa créativité ! »

L’astuce du coiffeurPour réussir une frange, prendre pour point de repère le dessous du creux du nez, et toujours se laisser une marge de manœuvre avec une longueur assez importante, pour éviter qu’elle ne remonte trop haut, une fois sèche. Il est alors toujours temps de la raccourcir, selon le désir de la cliente !
Florence Bernardin
L’astuce du coiffeurPour réussir une frange, prendre pour point de repère le dessous du creux du nez, et toujours se laisser une marge de manœuvre avec une longueur assez importante, pour éviter qu’elle ne remonte trop haut, une fois sèche. Il est alors toujours temps de la raccourcir, selon le désir de la cliente !



Inscrivez-vous et recevez gratuitement chaque semaine la newsletter de Coiffure de Paris