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C’est à son côté que Muriel Pénicaud, ministre du Travail, devrait inaugurer le MCB. L’infatigable Bernard Stalter, réélu le 13 mai dernier à la présidence de l’Unec1, dresse l’inventaire des stratégies qu’il souhaite mettre en place durant sa mandature à la tête de l’organisme professionnel, mais aussi à l’APCMA2.

Coiffure de Paris Comment définissez-vous ce déficit d’image dont souffre le secteur de la coiffure, et que vous évoquez souvent ?
Bernard Stalter : On manque d’apprentis et de personnel qualifié. On n’attire plus les jeunes. On a perdu du passage dans les salons. La priorité des coiffeurs que je rencontre au quotidien est bien celle-là: faire face au manque de collaborateurs. Ensuite, ils nous demandent de les aider à réenchanter la profession afin de susciter des vocations, comme pour faire venir les clientes en salons. Que les jeunes cessent d’exercer le métier « par défaut » et que les clientes cessent de venir en salon « par besoin ». Il faut provoquer de l’envie, chez les jeunes comme chez les clientes.

Quels arguments peut-on trouver pour orienter les jeunes vers la coiffure ?
On doit les faire rêver, attirer des bac+2 et pas uniquement des jeunes en situation de rupture scolaire. Il faut travailler différemment sur la convention collective, valoriser le travail des collaborateurs, les intéresser au CA… On doit leur montrer qu’ils peuvent s’épanouir en faisant de la coiffure à domicile ou en salon, de la formation ou du syndicalisme. Quelque 90 % des apprentis trouvent un emploi, 50 % des chefs d’entreprise sont passés par l’apprentissage et 20 % des entrepreneurs actuels ont plus de 55 ans, il y a donc des entreprises à reprendre. On doit également leur montrer qu’il existe des success story, comme celle de Franck François, qui en commençant par un CAP est devenu propriétaire de plusieurs salons. Délégué représentant le secteur des franchises à l’Unec, il constitue un exemple comme tant d’autres. Mon programme de mandature inclut la mise en place d’une équipe d’ambas-sadeurs de la coiffure, dont le rôle sera de promouvoir le métier.

Selon la récente enquête de l’Unec (cf. CdP février 2018), les coiffeurs passent difficilement le cap du numérique…
B. S.: Personne n’avait de site Web il y a peu; et avec 29 % de coiffeurs qui en ont actuellement, ce n’est pas si mal… Mais dans les centres de formation, il faut s’adapter à la demande des jeunes, aux outils de maintenant et à ceux de demain. Nous savons que nous avons du retard et nous devons absolument aider les adhérents à prendre ce virage du numérique. Se rapprocher des Chambres de métiers et de l’artisanat, mais aussi de Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargé du Numérique. Il a mis en place des enveloppes de crédit qui permettent d’accompagner les entreprises dans la transition numérique. La profession doit pouvoir avoir accès à ces enveloppes. Nous devons également travailler avec les acteurs du métier, les industriels, les fournisseurs de logiciels, pour qu’il y ait une politique incitative à cette mutation numérique.

Propos recueillis par Martine Carret

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