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Début 2019, vous allez devoir collecter les impôts sur le revenu de vos salariés. Une mesure qui devrait coûter 888,7 millions d’euros aux TPE, selon un rapport du Sénat. Dans la coiffure, de nombreux chefs d’entreprise redoutent la réaction de leurs salariés quand ces derniers verront leur fi che de paye amputée de leurs impôts. Pour réussir sans douleur à devenir collecteur, voici quatre actions à mener dès la rentrée.

FAITES UN BILAN SOCIAL INDIVIDUEL
Profitez de cette nouvelle donne pour réaliser un entretien individuel avec chacun de vos salariés au cours duquel vous réaliserez un bilan social individuel. Le salarié connaîtra ainsi parfaitement son salaire hors prime, le montant de ses primes et, bien sûr, le montant prélevé sur son fi xe par les Impôts.

RASSUREZ VOS SALARIÉS SUR LEURS FUTURES PAYES
Organisez une réunion générale avec vos salariés pour expliquer le mécanisme du prélèvement à la source. Rappelez-leur que c’est l’administration fi scale qui vous a communiqué leur taux d’imposition suite à leur dernière déclaration. Avec l’application du taux du foyer, vous connaîtrez indirectement le niveau de revenus global du foyer fi scal de vos salariés. C’est donc le moment de leur rappeler qu’ils ont eu la possibilité de conserver la confi dentialité de leurs revenus fi scaux lors de leur dernière déclaration, en optant pour le taux neutre de prélèvement fi xé par l’État. N’oubliez pas non plus de rappeler à vos salariés que même s’ils ne sont pas imposables (et ils sont nombreux dans la profession), l’administration fi scale vous a communiqué un taux nul d’imposition pour eux.

REVOYEZ LES FICHES DE PAYE ET DISCUTEZ AVEC VOTRE COMPTABLE
A partir d’octobre ou novembre, il vous faudra adopter de nouvelles fi ches de paye faisant apparaître le taux de prélèvement de chacun. Cette préfi guration facilitera l’appréhension de la réforme par les salariés et les préparera à l’entrée en vigueur du prélèvement à la source en janvier prochain. En effet, le prélèvement de l’impôt à la source va mécaniquement faire baisser le Net à payer sur la fi che de paye et risque de rendre le gain lié à la suppression des cotisations salariales (qui s’élève à 258 € par an pour un smicard) invisible aux yeux des salariés. Pour leur éviter un choc psychologique, le gouvernement préconise que le net à payer avant impôt sur le revenu soit écrit en plus gros sur les fi ches de paye. Une ligne supplémentaire avec un second net à payer, correspondant au moment effectivement crédité sur le compte du salarié et introduisant l’impôt sur le revenu prélevé, devra être inscrite plus bas sur la fi che de paye. Pour éviter les surprises, soyez prévoyant et demandez à votre comptable le surcoût pour vous de cette opération.

METTEZ-VOUS EN RÈGLE SUR IMPOTS.GOUV.FR
Assurez-vous que vous avez bien déclaré dans votre espace personnel sur impots.gouv.fr les coordonnées (BIC/IBAN) du compte bancaire que vous utiliserez pour le reversement du prélèvement à la source à la Direction générale des impôts. Vous devez aussi adresser à la banque gérant votre compte bancaire le mandat SEPA correspondant, rempli et signé. La collecte et le reversement doivent être réalisés via la déclaration sociale nominative.

CE QU’ILS EN PENSENT
CHRISTOPHE DORÉ, premier vice-président de l’Union nationale des entreprises de coiffure (Unec) : « Ce que le gouvernement demande représente en fait une charge de travail et fi nancière pour les entreprises. (…) Nous allons devoir déléguer à notre expert-comptable qui va nous facturer sa prestation. Par ailleurs, nos salariés vont voir baisser leur fi che de paye et cela risque de faire baisser leur motivation. »

JEAN-CHRISTOPHE ZAMMIT, premier viceprésident du Conseil national des entreprises de coiffure (Cnec) : « Il va falloir programmer une nouvelle ligne sur chaque fi che de paye et nous ne savons pas combien cette prestation va être facturée aux entrepreneurs. Les salons qui n’ont aucune culture d’entreprise, ni instauré de dialogue social, vont avoir des diffi cultés à expliquer le prélèvement à la source à leurs salariés. Quand ces derniers vont voir qu’ils gagnent moins, ils vont chercher à obtenir des contreparties de leur employeur sous forme d’augmentation ou de temps libre. »

JEAN-CHRISTOPHE ROBELOT, fondateur des salons Les Garçons Coiffeurs : « Une feuille de paye coûte entre 15 et 19 € à un entrepreneur. Je pense que les comptables vont nous faire payer forfaitairement tous les changements de feuilles de paye, même pour les salariés qui ne payent pas d’impôt ! Dès septembre, je vais réaliser un bilan social individuel avec chacun de mes salariés au cours duquel nous allons leur apprendre à lire leur fi che de paye. »

FRANÇOIS RAY, expert-comptable, responsable de l’antenne du Cegeco à Clermont-Ferrand (63) : « Le ministre de l’Économie a affi rmé que les experts-comptables n’allaient pas augmenter leurs tarifs. Mais déjà, il est sûr que les éditeurs de logiciel vont facturer les mises à jour pour les feuilles de paye. Pour les experts-comptables, il y aura aussi des formations que seront payantes. Si offi ciellement rien n’est encore défi ni, le ministre a peut-être été présomptueux… »

QUELS TAUX APPLIQUER ?
A. J’embauche un salarié : le taux vous sera communiqué par les Impôts.
B. Je suis président de ma SAS, gérant d’une EURL ou d’une SARL : dans les trois cas, vous êtes comme un salarié et le prélèvement sera réalisé sur votre compte ; le taux dépendra du dernier taux d’impositions connu.
C. Je viens de recruter un jeune pour un premier emploi : c’est le taux non personnalisé qui s’applique dans un premier temps ; ce barème correspondant au revenu d’un célibataire sans enfant.

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