L'isolation du salon : du sol au plafond

Outre des économies d’énergie appréciables, isoler son salon permet aussi d’accroître le confort des clients et des employés. Les endroits à travailler ? Surtout la vitrine, mais aussi les murs, le plafond ou le plancher. Une opération onéreuse, génératrice de gros travaux, à préparer soigneusement.

Les déperditions d’énergie s’échappent à 25 % par les murs, 30 % par la toiture et 10 % par le sol. C’est dire l’importance d’une bonne isolation. Si l’idéal est d’effectuer l’ensemble des travaux, il est judicieux (et économique) de commencer par la vitrine.

Mais, avant de se lancer, il faut tenir compte de la situation du local, de l’exposition de la vitrine, de la rue et même de la région. Ce sont les premières et bonnes questions à se poser. S’agissant de travaux onéreux, il est, en effet, important de ne pas se tromper.

CHOISIR LE BON VITRAGE

Changer le vitrage de la vitrine a pour principal objectif d’économiser de l’énergie. Comment procéder ? Selon la localisation du commerce, on détermine la composition du vitrage ; l’essentiel étant de se protéger du froid l’hiver, de la chaleur l’été. Généralement, un double vitrage à faible émissivité suffit. Selon la saison, les conditions atmosphériques, la région et l’orientation de la façade, il permet de diviser les déperditions d’énergie jusqu’à six par rapport à un simple vitrage. « Nous travaillons avec des vitrages standard (4/16/4 mm) pour les zones passantes, plus rarement avec des produits plus épais (4/16/10, voire 4/16/12), précisent Philippe Tavernier et Hervé Commeaux, respectivement, directeur travaux et responsable du bureau d’études et des agencements succursales chez Franck Provost. Outre davantage de confort intérieur, on constate immédiatement qu’il y a moins de condensation sur les vitres. »

Démarche identique pour Véronique, copropriétaire du salon Styling Set Coiffure à Itteville dans l'Essonne, qui a aménagé son salon il y a douze ans dans une maison de ville. En façade, elle a choisi des baies et une porte, toutes à double vitrage ; à la fois pour les économies d’énergie et la sécurité.

Pour sa part, le salon JR Coiffure, situé à Tain-l’Hermitage dans la Drôme, a créé une vitrine. Il est passé d’un mur avec une seule porte, à des fenêtres et une porte d’entrée vitrée de 1,10 m de large dotée d’un ferme-porte, avec une poignée bâton de maréchal en inox. Au total, une vitrine de 2,40 m de haut x 6,50 m de large. Pour la sécurité des personnes et la protection du salon, c’est un double vitrage feuilleté qui a été choisi.

Pour une cohérence esthétique et thermique avec la vitrine, choisissez une porte avec un châssis, en acier ou en aluminium, dotée de vitrage isolant (et retardateur d’effraction pour la sécurité) et d’un ferme-porte pour une ouverture/fermeture automatique tout en douceur. Elle sera équipée, a minima, d’une serrure trois points.

ISOLER MURS, SOL ET PLAFOND

Sachez, tout d’abord, que l’isolation des murs et du plafond n’est pas indispensable, si le salon se situe dans une barre de commerces et/ou dans un immeuble avec des appartements en étages. Car, ils s’isolent et se chauffent les uns les autres, sauf… aux extrémités.

Les murs se doublent avec des panneaux isolants, mais sur les cloisons existantes, il est préférable de remplacer l’isolation en place par une neuve. « Pour les murs, nous utilisons des plaques de placoplâtre BA13, auxquelles s’ajoutent de la laine de roche ou de verre, poursuivent Philippe Tavernier et Hervé Commeaux. Il est aussi possible d’employer du polystyrène. Tout dépend si les coiffeuses sont installées sur le mur et si on doit percer pour l’alimentation électrique. »

Concernant les plafonds, l’isolation s’apparente à celles des murs, excepté dans les centres commerciaux. « Des plaques de BA13 ou des dalles minérales sont fixées sur l’ossature du bâtiment avec, parfois, de la laine de verre entre le nouveau plafond et celui de la cellule », indiquent Philippe Tavernier et Hervé Commeaux.

Enfin, pour le sol, il est possible de poser, successivement, une dalle, puis un panneau isolant, un plancher chauffant et enfin le carrelage. De gros travaux à n’envisager que dans le neuf ou la très grosse rénovation.

NE PAS NÉGLIGER LA PROTECTION SOLAIRE

Dans certaines régions, le Midi par exemple, pensez à isoler votre local contre la chaleur. Les moyens à votre disposition : des vitrages de contrôle solaire ou avec des stores intégrés, ainsi que des stores extérieurs. Dans le cas de bâtiments neufs, il est possible de prévoir des brise-soleil fixes ou orientables pour protéger la vitrine de la chaleur et conserver suffisamment de luminosité.

Les bonnes questions à se poser

Ancien propriétaire du salon parisien chez Edgar, Marc Pacitti est catégorique : « Isoler un salon de coiffure est indispensable, mais il est très, très cher de modifier l’existant. C’est un choix d’investissement. Tout dépend aussi si on est propriétaire des murs et/ou du fonds de commerce. Avant toute chose, il faut se poser les bonnes questions. Le plus simple est d’utiliser les différentes références de plaques de placoplâtre (BA13). Et d’être, particulièrement, attentifs à deux points :

en premier, l’humidité aux bacs (souvent en sous-sol à Paris) pour conserver des murs sains, en second, la vitrine à équiper d’un double vitrage feuilleté pour la sécurité (anti-intrusion) et l’isolation thermique. »

Et le triple vitrage ?

Concernant le triple vitrage, plus lourd et plus cher, il faut faire le bon calcul. Une chose est sûre, il est recommandé pour les bâtiments BBC ou à énergie positive. Et pourquoi pas dans les stations de ski.

Martine Leonard
1. Le salon JR Coiffure de Jean-Rémi Bec est équipé d’une vitrine de 6,50 m de large x 2,40 m de haut, composée de larges baies et d’une porte d’entrée vitrée.
© DR
2. Dans son salon installé dans une maison de ville, Véronique a fait poser des fenêtres et une porte d’entrée à double vitrage pour les économies d’énergie et la sécurité.
© DR
3. Poser un double vitrage permet de diviser les déperditions d’énergie jusqu’à six par rapport à un simple ; selon la saison, les conditions atmosphériques, la région et l’orientation de la façade.
© DR
4. Les salons Saint-Algue sont équipés de vitrages standard 4/16/4 mm pour les zones passantes, plus rarement avec des produits plus épais 4/16/10 mm, voire 4/16/12 mm.
© DR
5. Les salons Franck Provost situés dans les centres commerciaux n’ont pas de porte d’entrée. Leurs plafonds composés de plaques de placoplâtre (BA13) ou de dalles minérales fixées sur l’ossature du bâtiment.
© DR
1. Le salon JR Coiffure de Jean-Rémi Bec est équipé d’une vitrine de 6,50 m de large x 2,40 m de haut, composée de larges baies et d’une porte d’entrée vitrée.
© DR
2. Dans son salon installé dans une maison de ville, Véronique a fait poser des fenêtres et une porte d’entrée à double vitrage pour les économies d’énergie et la sécurité.
© DR
3. Poser un double vitrage permet de diviser les déperditions d’énergie jusqu’à six par rapport à un simple ; selon la saison, les conditions atmosphériques, la région et l’orientation de la façade.
© DR
4. Les salons Saint-Algue sont équipés de vitrages standard 4/16/4 mm pour les zones passantes, plus rarement avec des produits plus épais 4/16/10 mm, voire 4/16/12 mm.
© DR
5. Les salons Franck Provost situés dans les centres commerciaux n’ont pas de porte d’entrée. Leurs plafonds composés de plaques de placoplâtre (BA13) ou de dalles minérales fixées sur l’ossature du bâtiment.
© DR



Inscrivez-vous et recevez gratuitement chaque semaine la newsletter de Coiffure de Paris