Les 3 règles pour bien éclairer son salon

La mise en lumière fait partie intégrante de l’ambiance de son salon. Elle participe au bien-être et peut améliorer le confort de la clientèle, ou, à l’inverse, avoir un effet repoussoir. Mais, comment réussir son éclairage ? Voici 3 règles à observer pour éviter tout impair.

1. L’éclairage est dicté par la déco

« L’éclairage est forcément lié au site, observe Pierre Millet, architecte et fondateur de l’agence Concerned Design. On peut difficilement appliquer les mêmes méthodes à tous les endroits. » Le dispositif d’éclairage est, de fait, dicté, en partie, par la configuration et la situation du local commercial. Car, on n’éclaire pas un local implanté dans le sud de la France comme un salon situé dans le nord, ou un lieu tout en longueur comme un site profitant de beaucoup de lumière naturelle. Une fois ce contexte spatial pris en compte, « on crée une ambiance lumineuse en fonction de la décoration choisie et non le contraire », explique Olivier Brondeau, business developer chez Osram France. « Pour un salon s’inscrivant dans la tendance vintage, on privilégiera des lampes à température de couleur chaude donnant des tonalités jaune-orangé, poursuit-il. Tandis que, pour un salon moderne équipé de meubles en inox ou aluminium, par exemple, on donnera une ambiance plus dynamique en utilisant un éclairage de couleur plus blanche. Du coup, on optera pour des lampes à température froide et des niveaux lumineux plus importants. » William le Pec a joué sur des lumières aux nuances blanches, dans son salon de la rue Montmartre à Paris IIe, réservant un éclairage un peu plus chaud pour la zone de bac et les postes techniques.

2. Éclairer en fonction du parcours client

La décoration n’est pas le seul critère qu’il faut avoir à l’esprit. Le choix de l’éclairage est également déterminé par le parcours client. Ainsi, les espaces de circulation sont-ils généralement plus faiblement mis en lumière que les postes de travail. Dans le salon de William le Pec, chaque bac bénéficie d’un faisceau lumineux direct provenant du plafond. Une lumière directive éclaire également chaque poste technique. « Il est nécessaire d’avoir un bon éclairage en quantité et en qualité au niveau des postes de travail », souligne Olivier Brondeau. Pour bien percevoir les nuances de coloration, les lampes doivent présenter un bon niveau d’IRC (indice de rendu des couleurs), l’idéal étant de se rapprocher de 100, l’IRC de la lumière naturelle.

3. Choisir la bonne technologie

Halogène, tube fluorescent, lampe fluo-compacte, led… Diverses technologies sont encore utilisées dans les salons, en fonction de leur année d’ouverture ou de celle de leur rénovation. Mais, l'une d'entre elles est en train de s’imposer massivement aujourd’hui, c’est la led (light-emitting diode ou diode électroluminescente). L’avantage de ce composant électronique qui émet de la lumière quand il est traversé par un courant électrique, c’est qu’il consomme peu d’énergie et a une durée de vie bien supérieure aux autres technologies. « Par rapport aux fluo et fluo compact, la led consomme deux fois moins et même 5 à 7 fois moins que l’halogène », affirme le responsable d’Osram. Elle dégage également beaucoup moins de chaleur, ce qui permet d’économiser sur la climatisation. Inconvénient ? La led coûte 7 à 8 fois plus cher. L’investissement initial est certes plus onéreux, mais « équiper un salon de lampes à led évite d’avoir à toucher aux luminaires pendant une dizaine d’années », dit-il.

Loin d’être anecdotique, le choix de l’éclairage doit donc concilier approche esthétique, technique et budgétaire. « L’éclairage est plus important que l’ambiance sonore, estime Pierre Millet. On peut se sentir mal dans un espace mal éclairé. » D’où l’intérêt de faire appel à des professionnels.

L’éclairage, outil de décoration

Éric Pfalzgraf, fondateur de l'enseigne Coiffirst, n’aime pas les sources lumineuses à base de led, même s’il reconnait que la technologie s’est beaucoup améliorée. Pour la rénovation du salon Coiffirst-Shu Uemura de la rue de Buci à Paris VIe, il a donc, d’emblée, écarté ce composant. Les lampes Tom Dixon ont joué un rôle majeur dans la décoration du salon. Leur design a été source d’inspiration pour dessiner les motifs du tissu mural qui orne l’établissement. Preuve de l’importance qu’Éric Pfalzgraf accorde à l’ambiance lumineuse de ses salons : il a voulu que ce tissu soit diffuseur de lumière grâce la verrière qui surplombe une des pièces de l’établissement, tandis que, dans l’autre salle, a été dissimulé derrière le tissu un dispositif de néons couleur champagne au niveau du plafond, complété par une lumière verticale plus froide. La salle accueillant les bacs prévus pour les massages et soins des cheveux se caractérise, quant à elle, par sa couleur noire avec un tissu de cette teinte sur les murs et du marbre au sol, éclairée par une lumière réfléchie pour « avoir le repos le plus absolu ». « J’essaie de faire en sorte que la lumière ne soit pas qu’un outil de travail, mais un outil de valorisation de la beauté des femmes », dit-il. Il préconise que les sources lumineuses soient dotées de variateur pour moduler leur puissance en fonction du temps. « Il faut que la lumière ne soit pas écrasante, mais dynamisante. »

Christine Galimant
William Le Pec a joué sur des lumières blanches dans son salon de la rue Montmartre, à Paris IIe.
© Didier Adam
À l’accueil, les rayons et les ombres d’un mur végétalisé.
© Didier Adam
Au salon « Le Coiffeur » de Pascal Lancien à Marseille, l’éclairage contribue à l’ambiance novatrice du lieu.
© Laure Mélone
Éric Pfalzgraf a choisi les lampes Tom Dixon et une lumière réfléchie pour son salon de la rue de Buci, à Paris VIe.
© Oliver Placet
William Le Pec a joué sur des lumières blanches dans son salon de la rue Montmartre, à Paris IIe.
© Didier Adam
À l’accueil, les rayons et les ombres d’un mur végétalisé.
© Didier Adam
Au salon « Le Coiffeur » de Pascal Lancien à Marseille, l’éclairage contribue à l’ambiance novatrice du lieu.
© Laure Mélone
Éric Pfalzgraf a choisi les lampes Tom Dixon et une lumière réfléchie pour son salon de la rue de Buci, à Paris VIe.
© Oliver Placet



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