La coiffure à travers les âges 03/2017

Depuis toujours, soigner son apparence est primordial pour les gouvernants. Tenues vestimentaires et coiffures sont révélatrices du statut social. Nous vous proposons de suivre le destin des bouleversements sociétaux par le prisme de la coiffure. Première partie : de l’Antiquité jusqu’en 1900.

ÉGYPTE ANCIENNE

À l’époque des pharaons, les enfants sont rasés à l’exception d’une « tresse de l’enfance », portée sur le côté. Seul Pharaon a le droit d’arborer une barbichette postiche ; la reine Hatchepsout aussi. Les femmes utilisent des substances grasses et des résines parfumées pour styliser leurs chevelures ornées de perles, peignes précieux, fleurs et même de baies.

 

BAS MOYEN ÂGE (1108-1453)

Têtes rasées pour les serfs, mais cheveux longs et lâchés pour les rois et reines. C’est l’époque des longues tresses agrémentées de rubans dans le style byzantin. Dans un climat religieux rigoriste, le XIIIe siècle se distingue par le voile, qui doit couvrir le cou, les oreilles et une partie des cheveux. Vers 1420, la reine de France Isabeau de Bavière lance le hennin (chapeau pointu). Chez les hommes, la coupe au bol est caractéristique de l’époque. Jeanne d’Arc la porte également.

 

RENAISSANCE (XVIe et XVIIe siècles)

Tendance aux cheveux plutôt courts, à la barbe/barbichette et à la moustache pour les hommes. Dominant l’Europe, l’Espagne impose ses codes. La fraise qui entoure le cou impose d’avoir une coiffure dégagée vers l’arrière et élevée sur l'avant. En Italie, le blond vénitien (châtain clair) est obtenu par décoloration via de l’urine humaine ou animale (chat/cheval). En France, elle se fait avec de la soude et des fientes de pigeon.

 

LOUIS XIV (1643-1715)

Démarrée avec Louis XIII, qui perd ses cheveux, la mode des perruques se poursuit sous le règne de Louis XIV. Symbole de puissance et de force, elles deviennent particulièrement volumineuses, mais s’aplatissent au XVIIIe siècle. Le Roi-Soleil arbore des perruques complètes, il faut 80 heures de travail pour en fabriquer. Les cheveux sont tressés sur des brins de soie, puis cousus sur des toiles très fines.

 

MARIE-ANTOINETTE (1774-1792)

Les coiffures féminines en échelles de boucles sont agrémentées de plumes, rubans, bijoux, fleurs... Chaque semaine, de nouveaux noms de coiffures sont inventés. Il y a la coiffure à physionomie élevée (cheveux relevés, dégageant la nuque), celle à l’inoculation (serpent, massue, soleil levant et olivier), à la baigneuse, au bandeau de l’amour…

 

DIRECTOIRE (1795-1799)

Depuis le 10 août 1792, la Convention a interdit par décret le port de la perruque au nom de l’égalité des apparences. C’est l’époque des cheveux courts chez les femmes, comme chez les hommes. On parle alors de coiffures « à la victime » (coupes au ras de la nuque à la manière de ceux qui passent à la guillotine), en « porc-épic » ou à la « Titus/Brutus/Caracalla » : cheveux courts et bouclés, de même longueur devant et derrière sur le modèle des statues romaines antiques.

 

RESTAURATION (1815-1830)

Les coiffures des femmes et des hommes comportent des boucles sur les tempes. Les cheveux nattés sont disposés en forme de coques, semblables à des pièces montées. Hippolyte crée des boucles tourmentées, entremêlées de fleurs, de perles, de bijoux en cordons.

 

ANNÉES 1830

Les cheveux sont longs et ébouriffés chez les jeunes hommes : c’est le symbole du romantisme stendhalien. Les femmes ont également les cheveux longs, voire très longs (jusqu’aux genoux). Les chignons doivent s’adapter aux chapeaux. Les coiffeurs sont donc associés aux modistes.

 

SECOND EMPIRE (1852-1870)

Les femmes portent des coiffures et des chapeaux plats. La coiffure « impériale » est composée d’une grosse tresse formant un diadème recouvert sur les côtés d’un large bandeau plat qui ne couvre pas les oreilles. L’impératrice Eugénie parsème sa coiffure de poudre d’or. En 1856, William Henry Perkin découvre la mauvéine : le premier colorant de synthèse qui modifie la couleur du cheveu. 

Martine Carret



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