Quel futur pour la jeunesse ? 11/2016

À quoi rêvent les jeunes coiffeurs ? Qu’ils soient apprentis ou en poste, qu’ils aient eu leur diplôme hier ou il y a quelques années, quelles sont leurs aspirations ? Nous avons demandé aux jeunes de cette génération des « Doers » (de l’anglais do/faire, « ceux qui font »), qui arpentaient les allées du salon MCB by Beauté Sélection à Paris, comment ils envisageaient leur avenir.

Émilie Lourenço, 28 ans

« Quand j’étais plus jeune, je voulais créer mon entreprise. Et puis, j’ai grandi, mûri. Je veux désormais acquérir de l’expérience, car notre métier bouge tout le temps. Je veux apprendre avant de monter mon salon. Être salariée, c’est facile, on fait ses trente-cinq heures, on pousse la porte du salon, on sort et hop on passe à autre chose. Manager, il faut endosser une autre veste, c’est dur de gérer des êtres humains, de réagir en fonction de chacun. Et puis, il y a la comptabilité… Tout ceci ne me dissuade pourtant pas d’envisager un jour d’être patronne, même si j’ai repoussé mon envie de m’installer. »



Armonie Maisonny, 26 ans

« Enfant, je voulais être coiffeuse. Mes professeurs et mes parents ont essayé de me dissuader. J’étais douée à l’école, mais je ne voulais pas passer mon bac pour aller en apprentissage ! À 20 ans, je voulais faire des shows, des concours. Et puis, j’ai déchanté. Le côté paillettes, tout ce qu’il y a derrière, le vite fait bien fait des shows, ça ne m’attire plus. Je préfère le marketing, la communication. Je gère le site Internet et la page Facebook du salon où je travaille. Ce que j’aime avant tout, c’est révéler la personnalité d’une femme en la coiffant, embellir un visage et les cheveux. Dans dix ans, je m’imagine manager, non pas d’un, mais de plusieurs salons. J’ai trouvé ma voie, que je veux faire évoluer. »

 

Océane Guichard, 20 ans

« Quand on a fini l’apprentissage, on se pose forcément des questions. J’aime les challenges et je n’ai pas envie de rester salariée toute ma vie. Je veux créer mon salon, à ma propre image. D’un autre côté, j’ai des patrons top, ce qui donne envie de rester travailler chez eux. Je suis encore jeune, j’ai énormément de choses à apprendre. Je me spécialiserai plus tard je pense. La coiffure évolue, les gens ont moins peur de l’originalité. Je pense qu’il faudra exploiter à fond la créativité, se démarquer avec un style précis. Dans dix ans, j'espère que je serai manager de mon salon. »



Maxime Hellec Marche, 22 ans

« J’ai participé à de nombreux concours pour développer mes aptitudes. Je suis triste de voir certains jeunes entrer dans le métier par défaut, comme une voie de garage quand à l’école, ils ne réussissent pas et qu’on les oriente en CAP coiffure. Ils rentrent dans une routine, s’ennuient vite et décrochent tout aussi vite. Ce n’est pas mon cas, je veux développer mon côté artistique, les collections que je crée. Pour moi, la coiffure est une passion, pas un métier alimentaire. Je pense qu’il faut oser. Et si ça ne fonctionne pas et bien, on se relève et on recommence. Je suis prêt à relever des défis et je suis sûr que dans plusieurs années, je serai gérant non pas d’un, mais de plusieurs salons. »



Kathy Jacobé, 20 ans

« Adolescente, j’étais partie pour devenir prof. Et puis, un jour, je suis rentrée de l’école, j’ai foncé dans le salon de coiffure de ma mère et je lui ai dit que je voulais faire le même métier qu’elle. J’étais alors en classe de 1re, section économie. J’ai tout plaqué du jour au lendemain. Devenir coiffeuse était une évidence. Peut-être que dans dix ans, je serai formatrice ou prof dans une école de coiffure ! Ce que j’aime, pour le moment, c’est la relation avec les clientes. La coiffure est un métier qui ne peut pas être remplacé par les robots, donc on aura toujours du travail. Ce qui me plait, c’est de développer le côté coloriste, la création de chignons artistiques. La solution la plus simple serait de reprendre le salon de ma mère. »

 

Clara Macoin, 17 ans

« Comme je ne trouvais pas de salon pour me prendre en apprentissage dans ma région (17), j’ai suivi un cursus de gestion/administration avant d’entrer en CAP coiffure. Je n’ai jamais été attirée par les études, et la compta, ce n’est vraiment pas mon truc ! Alors, j’aimerais, dans quelques années, ouvrir mon salon avec ma sœur, qui, elle, est comptable, mais voudrait se reconvertir dans l’esthétique. Dans dix ans, je serai heureuse si je pouvais travailler avec elle, dans un salon où on s’occuperait de beauté globale. Rester salariée toute ma vie est inenvisageable. J’ai envie d’avoir ma propre clientèle. »



Lucie Ruche, 17 ans

« À l’âge de 4 ans, j’avais déjà une tête à coiffer sur laquelle je m’amusais. J’ai envie d’avoir mon propre salon, pour ne pas recevoir d’ordres ! Je souhaite diriger les choses à ma manière. À terme, j’ai aussi envie d’aider les jeunes à se former, pour qu’ils aiment vraiment ce métier. Je pense que la coiffure est une “roue de secours’” pour sortir du cursus scolaire et c’est dommage, car, du coup, notre métier se dégrade. Il faudrait que cela change, que ceux qui n’aiment pas réellement la coiffure ne soient pas orientés dans cette filière. »

 

Laura Hagelberger, 17 ans

  « On a une meilleure vie en étant patron. Alors forcément, je vois mon avenir en ayant mon propre salon. J’ai envie de réussir, ce serait une fierté personnelle. La vie de salariée est, certes, plus cool, mais en étant à son compte, même si on passe plus d’heures au travail, ça ne compte pas quand on aime ce qu’on fait. Avoir son salon, ça signifie gérer les salariés, mais aussi gérer les jeunes, les apprentis, les faire progresser. Et cela, ça me motive. Et en plus, je pourrai développer ce qui me plaît, c’est-à-dire l’artistique. »

Propos recueillis par Martine Carret



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