Réussir le lissage brésilien 03/2016


© Nadya Photo/Getty Images

Véritable phénomène de mode, le lissage brésilien est une prestation de service exigeante, qui exige un grand professionnalisme. Du shampoing au passage des plaques, chaque étape doit être réalisée avec précision.

Diagnostic et échange

Avant de se lancer, il est nécessaire de procéder à un diagnostic précis et de déterminer si le lissage brésilien est la prestation de service la mieux adaptée aux attentes de la cliente. Jenny Aponte, gérante du salon Jenny & Paola à Paris, souligne : « Les clientes attendent souvent du lissage brésilien qu’il ait l’effet d’un défrisage. Il faut prendre les devants et bien l’informer sur le résultat : un lissage brésilien, c’est, avant tout, un soin qui va détendre les cheveux, mais qui n’aura pas le pouvoir de les défriser. » Et, suivant la typologie du cheveu, on obtiendra des résultats différents. « Le diagnostic et l’échange doivent être très pointus, afin que la cliente ne soit pas déçue, confirme Bruno Branca, gérant de deux salons à Lyon. Il y a dix ans, les produits contenaient du formol, qui permettait de raidir les cheveux très frisés. Mais, aujourd’hui, ce n’est plus le cas, et c’est au coiffeur de bien avertir sa cliente sur le résultat qu’elle obtiendra. »

Laver et essorer de manière méticuleuse

Il est impératif de laver les cheveux avec un shampoing spécifique, qui va permettre d’enlever tous les résidus de produits, tels que gel, laque, huiles ou cire... « Le cheveu est conditionné pour être débarrassé de tout ce qui pouvait l’embellir de manière artificielle, précise Bruno Branca. Si on néglige cette étape, la kératine ne se fixera pas sur le cheveu. » Une fois à nu, le cheveu n’est pas doux et ne se démêle pas facilement. Là encore, il est nécessaire de rassurer la cliente : tout est normal. « Il faut procéder, ensuite, à un essorage méticuleux, poursuit Bruno Branca. C’est important, car, si elle est appliquée sur des cheveux mal essorés, la kératine n’aura pas l’incidence escomptée. »

Application de la kératine

L’application de la kératine se fait étape par étape, avec des séparations relativement fines. Elle doit être réalisée de manière homogène, en veillant à ne pas trop charger le cheveu. « Il ne faut pas hésiter à passer un peigne fin pour enlever l’excès, souligne Bruno Branca. Si on met trop de produit, la procédure ne sera pas parfaite : le cheveu risque d’être poisseux et difficile à lisser. » Une fois le produit bien réparti, il y a un temps de pose à respecter, qui peut varier suivant l’épaisseur du cheveu et la marque utilisée. « 20 à 30 minutes, c’est la durée moyenne du temps de pose, précise Jenny Aponte. On achève, ensuite, avec le séchoir à main en brossant avec une brosse plate, dans le sens du tombé du cheveu. » Il faut alors s’assurer que le cheveu est parfaitement sec. Passer les plaques sur un cheveu humide aurait un effet catastrophique. 

Procéder au passage des plaques

Une fois le cheveu séché, on va réaliser des séparations pour préparer le lissage, qui se fera par les plaques. Le but est de sceller la kératine, comme une carapace autour du cheveu. « Le passage des plaques se fait mèche par mèche, précise Jenny Aponte. Si le cheveu est très frisé, on va passer les plaques entre 10 et 12 fois. S’il s’agit d’un cheveu de type européen avec des frisottis qui ont besoin d’être disciplinés, on va passer les plaques entre 5 et 7 fois.» Pour Bruno Branca, il n’est pas nécessaire de faire beaucoup de passages : il faut surtout que cela se fasse lentement. « Je recommande de faire des séparations fines. Plus le cheveu est fin, plus les mèches peuvent être épaisses, mais elles ne doivent pas excéder 2 cm. De même, il est important de passer un peigne devant le fer, de manière à lisser parfaitement. L’action du peigne est de lisser, celui du fer de fixer.» En règle générale, le passage des plaques est une étape assez longue, dont la durée peut varier de 40 minutes à deux heures. « Il faut s’armer de patience, conclut Jenny Aponte. Et c’est valable tant pour la coiffeuse que pour la cliente. D’où l’importance de continuer à échanger… » Enfin, il est indispensable d’adapter la température des plaques, suivant la nature du cheveu. « Plus le cheveu est sensibilisé, plus les plaques doivent être faibles, précise Bruno Branca. Ainsi, sur un cheveu épais, on pourra monter la température à 220°, tandis que, avec un cheveu fin, il ne faut pas dépasser les 160°, au risque de le griller. »

Optimiser le résultat

La procédure terminée, le produit est laissé sur les cheveux. Bruno Branca précise : «C’est le moment d’expliquer à la cliente comment obtenir un résultat optimum, une fois qu’elle a quitté le salon. » Ainsi, il est recommandé de laisser s’écouler 72 heures sans shampoing et sans humidité et, si possible, éviter de faire du sport et de transpirer. « Je conseille aussi de ne pas s’attacher les cheveux, car ils pourraient prendre un mauvais pli. » Passé 72 heures, la cliente peut se laver les cheveux, de préférence avec un produit professionnel adapté, qui lui permettra d’avoir un lissage brésilien… optimisé !

Florence Bernardin

Le lissage brésilien est aussi un soin

La force du lissage brésilien est de dompter les cheveux, tout en leur faisant du bien. Ces dernières années, suite à l’interdiction du formol, les marques proposent des produits aux formules douces, plus naturelles et moins chimiques. La force des ces nouveaux produits lissants : c’est leur capacité à hydrater en profondeur les cheveux, grâce à la kératine et à son action bénéfique !




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