Les clés pour décrocher un premier job  03/2015


© M.Rodriguez/Gettyimages

Avant de postuler, vérifiez que votre profil est dans la ligne du salon.

Chercher un travail est déjà un travail. Dans ce métier de représentation et de beauté qu’est la coiffure, il faut adopter pour soi-même les techniques de vente que l’on a apprises. Le candidat doit faire en sorte qu’on le choisisse.

« Je suis passé devant un salon, j’ai poussé la porte. Je suis arrivé souriant, bien habillé. J’avais répété mon discours, je voulais que le patron sente que j’étais vraiment intéressé. L’entretien s’est déroulé naturellement. J’ai proposé de faire un test sur un modèle disponible. J’ai fait un essai et j’ai été engagé. » Désormais coiffeur indépendant autour de Rennes (www.kutkreation.fr), Kevin Lejolivet a trouvé facilement son premier poste. Mais, c’était il y a huit ans... « En 2015, trouver un emploi demande plus de préparation et nécessite beaucoup d’énergie », avoue Romaric Andreux, directeur de l’école privée de coiffure de Lyon (69).

Soigner son look pour séduire d'entrée

Face à un employeur, les vingt premières secondes sont décisives. Le look doit être impeccable : « Bien coiffée et maquillée pour une jeune fille, précise Fathia Beznia, de l’école ABC Paris. Mains soignées, vêtements passe-partout. Pas de baskets, mais des chaussures noires classiques. » « Une présentation négligée est rédhibitoire, à commencer évidemment par la coiffure », confirme Stéphanie Maheas, formatrice Kérastase.

« Respecter les codes couleur du salon que l’on démarche, renchérit Romaric Andreux. Ne pas s’habiller en vert, si on postule dans des enseignes où le noir est de rigueur. »

Se mettre à la place d'un patron

Présenter ses atouts n’est pas évident. Pour maîtriser votre angoisse, répétez des saynètes avec des personnes de confiance. Vous améliorerez ainsi votre gestuelle et votre élocution. « Je dis aux élèves de se mettre dans la peau d’un patron et de se demander pour quelle raison ils engageraient le jeune en face d’eux », explique Cécile Guibert, codirectrice de l’école des métiers de la coiffure à Jacou (34). « Présenter des idées, identifier les besoins du patron sont des atouts, souligne Romaric Andreux. Vérifiez que votre profil est dans la ligne du salon. Avez-vous vraiment envie de travailler dans une galerie marchande, avec le stress du non-stop ? Si non, ne démarchez pas. »

Durant l’entretien, évitez de déballer vos préoccupations de vacances, de RTT ou de week-end. Préparez un CV soigné. S’il n’est pas le sésame pour décrocher un poste, « il permet une visibilité sur les activités, la curiosité du collaborateur », conclut Stéphanie Maheas.

Martine Carret

Feu vert :

• Tenue impeccable, vestimentaire et coiffure.

• Sourire, politesse.

• Assurance, voix claire, regard serein.

• Se dire disponible.

• Montrer son intérêt pour le métier.

• Disposer d’un CV soigné.

Feu rouge :

• Arriver débraillé, en retard.

• Timidité, bras croisés.

• Tristesse, regard fuyant, voix basse.

• S’étirer, bâiller.

• Se survendre.

• Aborder les RTT, les vacances, les pauses cigarette.

 

L'avis de Franck Provost :

« Aujourd’hui, les apprentis finissent leur cursus et ne savent pas travailler, car ils passent la moitié de leur temps à l’école ! Ils ne sont donc pas employables, même au Smic, car ils ne sont pas rentables ! Résultat : c’est compliqué de trouver de jeunes coiffeurs. Deux ans d’apprentissage, ce n’est pas assez. Je suis convaincu que nous devrions les garder deux années supplémentaires après l’obtention de leur CAP, mais sans payer de charges sur leur salaire. Pour avoir les moyens nécessaires de développer l’apprentissage de façon efficace et intelligence, il faudrait que nous parvenions à un accord de branche. »




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