Cliff CK Cheung

Le grand vainqueur du Style Masters 09/2013


« Je m’inspire de tout ce que je vois dans la rue et dans les galeries d’art que je fréquente beaucoup. J’adore regarder tout ce qui se passe autour de moi. »



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Le 29 avril dernier, 7 finalistes s’affrontaient sur une scène madrilène, face à 2 400 personnes du monde entier pour remporter le Style Masters 2013, une compétition artistique organisée par Revlon Professional et pour laquelle plus de 1 000 coiffeurs ont concouru. C’est finalement Cliff CK Cheung, Hongkongais et autodidacte de 38 ans, qui a triomphé, très ému. Interview.

Coiffure de Paris : « Vous ne seriez pas arrivé là si… ? »

Cliff CK Cheung : « Si je n’avais pas appris la coiffure tout seul chez moi à Hong Kong, où je suis né. Après le baccalauréat, j’ai étudié le graphisme et je travaillais en même temps comme assistant à mi-temps dans un salon. Et, finalement, petit à petit, je suis tombé amoureux du métier et, à 21 ans, j’ai décidé de faire carrière. J’ai eu de la chance d’apprendre beaucoup des Français. Ils m’ont ouvert les yeux sur le monde. Et, du coup, cela m’a pris environ trois ans et demi pour devenir coiffeur. »

CdP : « Quels sont les salons que vous avez fréquentés et les coiffeurs que vous avez rencontrés ? »

C.C.C. : « Je suis entré chez Jacques Dessange à Hong Kong et j’ai étudié avec Nathalie Perrier, Roland Boutin et Hervé Palaric. J’ai aussi travaillé un moment chez Mod’s Hair en France. 
En 2001, quand Toni & Guy a ouvert son salon à Hong Kong, je les ai rejoints. J’ai également suivi un training auprès de Bill Watson. Je suis aussi allé à Paris suivre les cours de l’académie Alexandre de Paris. Et, en 2012, j’ai eu la chance de suivre le cours de Tim Hartley, lors de l’ouverture de l’académie de Shanghai. En avril dernier, j’étais avec Gun-Britt Zeller et X-presion à l’académie Revlon en Espagne. Je pense également me rendre prochainement à l’académie Vidal Sassoon à Londres. »

CdP : « Comment vous êtes-vous senti sur scène quand vous avez appris que vous arriviez en tête, face aux 7 finalistes de l’épreuve ? »

C.C.C. : « Je me suis senti super heureux. Je ne pouvais pas croire que j’avais réussi. Pourtant, j’y suis allé en espérant gagner, bien sûr. »

CdP : « Comment définiriez-vous votre style ? »

C.C.C. : « C’est une pièce d’art en harmonie entre l’est et l’ouest. »

CdP : « Mais encore ? »

C.C.C. : « Je m’inspire de tout ce que je vois dans la rue, dans les galeries d’art que je fréquente beaucoup. J’adore regarder tout ce qui se passe autour de moi. Mais, pour le concours Revlon Professional, j’ai pensé à leur image et je me suis dit qu’ils étaient tout à la fois classiques, glamour et créatifs. Je savais aussi que, pour ce type de concours internationaux, les coiffeurs de Hong Kong ne sont pas forcément attendus. Je crois que c’est la première fois qu’un Chinois est récompensé dans une compétition internationale. C’est pour cela que j’ai décidé de prendre un modèle chinois. En revanche, je n’ai pas mis de références à la Chine, ni dans la coiffure, ni dans le maquillage. Et les vêtements de style asiatique sont complètement “designés”. » 


CdP : « Où travaillez-vous actuellement ? »

C.C.C. : « Je suis basé à Hong Kong, où je dirige une équipe de 4 coiffeurs et 4 maquilleurs pour des défilés de mode ou pour la presse. Mais, en même temps, j’accepte des missions à Pékin ou à Shanghai. Je coiffe également des clients dans un salon de coiffure. »


CdP : « Quelle est la situation de la coiffure à Hong Kong ? »

C.C.C. : « Le niveau n’est pas aussi élevé qu’en Europe, mais il y a quand même un système éducatif avec des examens professionnels. Les grands salons, ceux qui coiffent des célébrités et ont la meilleure qualité de services, sont dans les districts du centre. Il y a, à Hong Kong, des coiffeurs très connus, comme Kim Robinson, un Australien, mais on n’en parle qu’à travers les acteurs ou les chanteurs très connus qu’ils coiffent. Tout cela manque de créativité et de cohésion, contrairement à ce qui se passe en Europe. Je n’ai pas l’impression non plus qu’il y ait beaucoup d’émulation. »

CdP : « Comment voyez-vous votre avenir ? »

C.C.C. : «Pour l’instant, je ne pense pas vraiment au futur. Ce qui est vraiment important pour moi, c’est de bien faire mon travail. J’aimerais aussi avoir mon propre salon, un studio et une académie. Ainsi, je pourrais consacrer plus de temps à enseigner. Je voudrais diriger un workshop, car c’est ce qui me motive le plus en ce moment. J’aimerais également être un pont entre la Chine et l’Europe, et profiter de cet “Award” pour apporter à Hong Kong des connaissances sur la coiffure européenne. Il faudrait mettre en place des tours dans différents pays européens pour que plus de coiffeurs chinois puissent apprendre les techniques européennes. Car, je pense qu’en augmentant les échanges culturels, on pourrait faire monter le niveau et la créativité de la coiffure en Chine. Mon souhait le plus cher serait de réformer le système éducatif et le type d’examen à Hong Kong. »

Propos recueillis par 
Bénédicte de Valicourt

 

Master soirée

Soirée grandiose pour ce Style Masters 2013 à Madrid où se sont affrontés les 7 finalistes mondiaux. Parmi eux, Marion Vandamme, la Française, a reçu un appui inattendu de la salle, où plus de 200 Français ont sorti d’immenses étendards hexagonaux pour une ovation appuyée. À l’apparition de Marco Lamberti, les supporters italiens n’ont pas été en reste avec un mini-feu d’artiste, qui a également fait un bel effet. Autre temps fort de la soirée : la présentation des collections pour toutes les marques.




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